Donald Trump prêt à déclencher une guerre commerciale ?

Le président américain Donald Trump est décidé à instaurer des droits de douane sur l'acier. Le président américain Donald Trump est décidé à instaurer des droits de douane sur l'acier.[MANDEL NGAN / AFP]

Devant la détermination des États-Unis à taxer l’aluminium et l’acier importés, l’Europe met en place sa riposte.

C’est le scénario que l’Union européenne redoutait. Le président américain Donald Trump, qui n’a jamais caché ses velléités protectionnistes, est passé à l’acte, annonçant le 1er mars sa décision d’imposer des droits de douane sur les importations d’aluminium et d’acier. Une mesure qui, si elle est mise à exécution, pourrait coûter 2,8 milliards d’euros à l’Union européenne. 

Celle-ci, qui espère encore un changement d’avis du président américain - ou, à défaut, une exemption pour ses Etats-membres, a averti ce mercredi 7 mars les Etats-Unis des risques d’une guerre commerciale. Et menacé Washington de prendre des mesures de rétorsion.

Beurre de cacahuète et bourbon

Pour l’heure, l’UE mise encore sur la dissuasion. «Les guerres commerciales sont mauvaises et faciles à perdre», a déclaré mercredi le président du conseil européen, Donald Tusk. Une pique à l’intention de Donald Trump, qui avait tweeté, quelques jours plus tôt, «les guerres commerciales sont bonnes et facile à gagner», pour justifier les droits de douane qu’il veut instaurer sur l’acier, à hauteur de 25%, et sur l’aluminium, à hauteur de 10%. Une décision «mûrement réfléchie», selon son secrétaire au Commerce, Wilbur Ross.

Dès lors, il ne reste à l’UE qu’à adopter des mesures de rétorsion. La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a donc détaillé mercredi le plan de riposte envisagée par l’UE, tout en assurant qu’un passage à l’acte «nuirait aux relations transatlantiques». 

Bruxelles envisage notamment de taxer une liste de produits américains. Parmi eux, du matériel industriel en acier, et plusieurs biens comestibles, allant du jus d’orange au bourbon, en passant par le beurre de cacahuète et les airelles. Des produits textiles tels que les T-shirts ou les jeans pourraient également être concernés, de même que les cigares, les cigarettes et le tabac à rouler. 

Outre ces taxes, l’UE pourrait également adopter des mesures de sauvegarde, qui consisteraient à restreindre temporairement les importations européennes d’acier pour sauver l’industrie locale. Enfin, Bruxelles pourrait porter plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). «C’est une mesure importante, mais ce sera long», a reconnu Cecilia Malmström. Ce type de procédure prend généralement deux ans. Des Etats comme le Canada et le Japon pourraient se joindre à la plainte. 

Une désescalade encore possible

L’annonce officielle des mesures américaines est attendue «en fin de semaine», a indiqué mercredi la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders. D’ici-là, l’Union européenne espère que Donald Trump aura assoupli sa décision. Une éventualité rendue crédible par les dernières déclarations de Wilbur Ross, qui a assuré que les États-Unis ne voulaient pas d’une guerre commerciale et souhaitaient «avoir de bonnes relations avec [leurs] alliés». 

De son côté, le secrétaire d’État au Trésor, Steve Mnuchin, a indiqué que Donald Trump étudiait la possibilité de «dérogations» pour certains partenaires. Pour l’heure, le président a seulement indiqué que le Canada et le Mexique pourraient être exemptés, s’ils acceptaient de renégocier le traité de libre-échange nord-américain en faveur des Etats-Unis. Mais le sort réservé aux pays de l’UE demeure, lui, très incertain.

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