Le Brexit pourrait causer des embouteillages monstres à Calais

Xavier Bertrand, président de la région politique des Hauts-de-France, a déclaré que les hommes politiques devaient saisir l’ampleur du problème.[PHILIPPE HUGUEN / AFP]

Le patron du port de Calais a déclaré que des embouteillages de près de 50 kilomètres seraient fort probables à la frontière franco-britannique si l’accord sur le Brexit aboutissait à des mesures strictes impliquant des contrôles douaniers. 

Lors d'une réunion privée au Parlement européen, Jean-Marc Puissesseau, le patron du port de Calais, a lancé un appel à Theresa May, première ministre du Royaume-Uni et Michel Barnier, le négociateur du Brexit, pour qu’ils mettent immédiatement en place des plans pour éviter la congestion à Calais et à Douvres (Angleterre). «Je suis inquiet du ralentissement de la circulation s’il y a des contrôles. Imaginez deux millions de camions contrôlés à Calais», a-t-il déclaré. 

«Les gens ont encore besoin de manger»

Jean-Marc Puisseau a également prévenu des possibles pénuries alimentaires que cela pourrait entraîner au Royaume-Uni. «Pour le moment, 70% des aliments importés proviennent de l’UE. Même si cela descend à 50% après le Brexit en raison des contrôles, il faut que le trafic s'écoule doucement. Les gens ont encore besoin de manger», a-t-il déclaré. S’il y a des retards, cela pourrait finir par pourrir sur le bord de la route».

Xavier Bertrand, président de la région politique des Hauts-de-France, a déclaré que les hommes politiques devaient saisir l’ampleur du problème. «Je sais que l’Irlande est au cœur des préoccupations mais rappelez-vous que les problèmes économiques dans ce pays sont dix fois plus petits que ce qui va se passer ici», a-t-il déclaré. C’est un scénario noir, mais il va s’assombrir».

Le Brexit pourrait nuire à l'économie de la région 

L'ancien ministre du Travail a exprimé ses inquiétudes sur le fait que le Brexit pourrait nuire à l’économie d’une région déjà frappée par un des taux de chômage les plus élevés de France.

En début d’année, Emmanuel Macron avait tenté de rassurer la région en promettant que la France se battrait pour que le nord reste attractif. «Je réalise à quel point il y a de l’incertitude dans plusieurs secteurs économiques : la pêche, l’industrie, la logistique», avait déclaré le président français lors d’un discours à Calais. Peu importe les changements à venir et les relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, le territoire restera attractif».

Michel Barnier a été prévenu des préoccupations du président français. Il devrait entamer des négociations sur un éventuel accord commercial avec le Royaume-Uni en mars. «Les intérêts de la région (Haut-de-France, ndlr) seront pleinement pris en compte dans les négociations que mènera la France», avait ajouté Emmanuel Macron.

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