Californie : le jeune noir abattu par deux policiers leur tournait le dos

En réaction à ces nouveaux éléments, une manifestation a été organisée vendredi par le mouvement «Black lives matter» pour protester contre les violences policières [AFP - Archives]

Stephon Clark, le jeune homme de 22 ans, abattu par deux policiers le 19 mars à Sacramento (Californie), se trouvait de dos au moment des tirs.

C'est ce que démontre les résultats d'une autopsie privée commandée par la famille du père de famille. Au total, il a été touché à huit reprises par les balles de la police alors qu'il se trouvait dans le jardin de sa grand-mère.

Et ces impacts de balles ont été observés sur le dos, le côté du cou et le flanc de Stephon Clark, preuve qu'il ne faisait pas face aux hommes en uniforme quand ils ont pointé leurs armes vers lui.    

«(Il) faisait face à la maison, le côté gauche tourné vers les policiers», a précisé Bennet Omalu, l'ancien médecin légiste qui a procédé à l'autopsie. Une position qui suggère que le jeune afro-américain ne présentait pas de danger au moment des faits.

L'avocat de sa famille, Benjamin Crump, confirme : «(Stephon Clark) est victime d'un de ces meurtres absurdes de la police dans des circonstances de plus en plus suspectes».

20 balles tirées

Des images vidéo de l'intervention du 18 mars ont été prises depuis un hélicoptère de la police et par les caméras corporelles des deux policiers qui ont interpellé le jeune homme dans le jardin de sa grand-mère. Elles montrent que les agents ont tiré vingt balles au total.

Le jeune a agonisé pendant trois à dix minutes avant de mourir, «ce ne fut pas une mort instantanée», a insisté l'avocat.

Les policiers sont intervenus après avoir reçu un appel au numéro d'urgence 911. La personne au bout du fil avait prévenu qu'un homme brisait des vitres de voitures dans une allée adjacente. Des faits pour lesquels Stephon Clark reste le principal suspect, selon la police. 

Colère de la communauté afro-américaine

Les résultats de cet examen post-mortem renforce la colère du grand public et des associations de défense des afro-américains telles que «Black lives matter». En réaction à ces nouveaux éléments, une nouvelle manifestation a été organisée vendredi par le mouvement pour protester contre les violences policières.

La veille, les obsèques de Stephon Clark avaient eu lieu, suscitant à la fois une vive émotion et une grande colère comme en témoigne le discours prononcé par le Révérend Al Sharpton, connu pour son engagement politique. 

«Je veux qu'il sache que nous sommes avec lui. Quand les caméras ne sont pas là, nous sommes avec lui, quand tout le monde court pour une séance de photos, nous sommes avec lui, ce frère pourrait être n'importe lequel d'entre nous», a notamment lancé le Révérend Al Sharpton en évoquant le frère endeuillé de Stephon Clark.

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