Le grand «turnover» de l'administration Trump

Depuis le début du mandat de Donald Trump, les membres de son administration sont nombreux à avoir quitté la Maison Blanche [SAUL LOEB / AFP]

«You're Fired !» : la célèbre phrase que Donald Trump prononcait avec détermination, à l'époque où il incarnait son rôle de patron milliardaire dans l'émission de télé-réalité «The Apprentice», a résonné un grand nombre de fois dans les couloirs de la Maison Blanche depuis sa prise de fonction, le 20 janvier 2017.

Un grand nombre de cadres de l'administration Trump ont depuis plié bagage. Retour sur ce grand «turnover». 

Rex Tillerson

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Secrétaire d’Etat des Etats-Unis (1 an et 1 mois en poste)

La rumeur d'un divorce entre le président Trump et Rex Tillerson courait depuis longtemps dans les couloirs de la Maison blanche avant son renvoi, au point de lui attribuer un nom : le «Rexit».

Les premiers mois du mandat ont révélé de (trop) nombreuses divergences entre Donald Trump et son diplomate en chef aussi bien sur l’accord sur le nucléaire iranien que les tensions avec la Corée du Nord, en passant par la sortie des Etats-Unis de l’Accord de Paris.

L'ancien patron du groupe pétrolier Exxon Mobil a été remercié via l'un des tweets matinaux désormais emblématiques du président américain, qui avait annoncé dans la foulée le nom de son successeur, le directeur de la CIA, Mike Pompeo.

Herbert Raymond McMaster

turnover_mcmaster.jpgConseiller à la sécurité nationale (1 an, 1 mois et 20 jours en poste)

Le général de 55 ans, combattant héroïque de la Guerre du Golfe, mobilisé aussi bien en Irak qu'en Afghanistan, avait quitté le Pentagone pour remplacer au pied levé l’ancien patron du renseignement, Michael Flynn, contraint à la démission pour ses liens supposés avec l'administration russe. 

Le stratège militaire, apprécié de la frange modéré, avait déjà pris ses distances, estimant «irréfutables» en février dernier les preuves d'une ingérence de Moscou dans le résultat de l'élection présidentielle américaine de 2016

Il est finalement définitivement remercié le 9 avril dernier, de nouveau sur Twitter, par le président américain et sera bientôt remplacé par John Bolton, néo-conservateur et ancien ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU.

Gary Cohn

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Directeur du Conseil économique national (1 an, 1 mois et 16 jours en poste)

En désaccord avec le repli protectionniste amorcé des Etats-Unis, le principal conseiller économique de Donald Trump a claqué la porte de la Maison Blanche le 6 mars dernier. Gary Cohn a annoncé son retrait juste après la décision controversée du président américain d'imposer des droits de douane sur l'acier et l'aluminium importé aux Etats-Unis, et ce, contre ses recommandations. 

Cet ex-banquier de Goldman Sachs, partisan convaincu du libre-échange, avait déjà ouvertement critiqué Donald Trump en août 2017 pour sa réaction après les violences racistes de Charlottesville, en Virginie.

Hope Hicks

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Directrice de la communication de la Maison blanche (6 mois et 12 jours en poste)

Quatrième directrice de la communication de Donald Trump en un an, Hope Hicks avait été promue au poste après le passage éclair d’Anthony Scaramucci. Fidèle de la première heure du président Trump, la jeune femme de 29 ans, entrée en politique sans la moindre expérience avait d'abord été l'attachée de presse de Donald Trump durant la campagne présidentielle.

Elle n’a pas donné de raison à sa démission à la fin février, happée par la controverse entourant Rob Porter, avec qui elle entretenait une relation sentimentale. Un départ néanmoins survenu au lendemain de son audition au Congrès dans le cadre de l’enquête sur les possibles liens entre la Russie et des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump

Rob Porter

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Secrétaire du personnel de la Maison Blanche (1 an et et 18 jours en poste)

En février dernier, pris dans une affaire de violences conjugales, le secrétaire du personnel, Rob Porter, a été poussé à la démission, accusé par ses deux ex-épouses d'agressions physiques et psychologiques. 

L'affaire fait scandale et éclabousse une partie du proche cercle du président américain. Soupçonné d'avoir eu connaissance des faits reprochés à Rob Porter, le secrétaire général de la Maison Blanche, John Kelly est pointé du doigt pour avoir passé sous silence ce passé sulfureux. 

Les mêmes reproches visent la directrice de la communication, Hope Hicks, d'autant plus qu'elle entretenait une relation avec le quarantenaire, laissant penser à un conflit d'intérêts. 

Tom Price

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Secrétaire à la Santé et aux Services sociaux (7 mois et 19 jours en poste)

L'ancien élu de Géorgie a été contraint à la démission après les révélations sur des trajets en avion, payés avec l'argent du contribuable américain. 26 déplacements en avions privés, pour un total dépassant les 400 000 dollars, avaient été recensés sur l'année 2017, pour des destinations où Tom Price possède des propriétés ou a des amis et de la famille.

Le secrétaire à la santé, orthopédiste de 62 ans, opposé de longue date à la réforme de la couverture sociale, a fini par payer son incapacité à abroger le projet phare du deuxième mandat de Barack Obama. Celui qui a flanché devant l'Obamacare est démis de ses fonctions en septembre 2017. Toutes les tentatives d'abrogation du texte ont en effet capoté au Congrès. 

Steve Bannon

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Conseiller de Donald Trump (6 mois et 29 jours en poste)

Dernier directeur de campagne de Donald Trump en 2016, cette icône du conservatisme américain fait partie des principaux artisans de sa victoire à l'élection présidentielle. Proche de l'«alt-right», une mouvance d'extrême-droite, Steve Bannon était le principal conseiller stratégique du président et le représentant d'une partie du cercle rapproché du président, favorable à un plus grand nationalisme. 

Le départ de ce stratège le 18 août 2017 avait annoncé dix jours plus tôt par le New York Times. Donald Trump l'aurait poussé vers le sortie en raison des fuites dans la presse destinées à nuire à ses adversaires au sein de la Maison blanche, un cercle favorable à plus d'ouverture, et menée par Jared Kushner, gendre du président. La réaction controversée du président aux violences et manifestations survenus à Charlottesville, imputée à Steve Bannon, aurait acceleré sa chute.

Quatre mois après son départ , l'ancien banquier d'affaires de Goldman Sachs, ex-officier dans la Marine est également débarqué du site ultra conservateur Breitbart, dont il était le rédacteur en chef avant son passage à la Maison Blanche. 

Anthony Scaramucci

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Directeur de la communication de la Maison Blanche (10 jours en poste).

Après seulement dix jours en poste, le sulfureux directeur de la communication de Donald Trump est limogé le 31 juillet 2017. Cet ancien de la banque Goldman Sachs, surnommé «The Mooch» (traduisez «resquilleur») a été reconduit vers la sortie par le secrétaire général de la Maison Blanche, John Kelly, fraichement nommé. 

En cause, une interview sur le site du New Yorker, d'une rare vulgarité. Dans le texte, l'homme d'affaires quinquagénaire s'attaquait ouvertement à ses collègues comme Reince Priebus, qualifié de «putain de schizophrène paranoïaque» ou Steve Bannon : «Je ne suis pas Steve Bannon, je n'essaie pas de sucer ma propre b***. Je suis là pour service le pays», pouvait-on lire. 

 

Reince Priebus

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Chef du cabinet de la Maison Blanche (6 mois et 8 jours en poste)

Le «Chieff of staff» de Donald Trump,  a quitté le 28 juillet la Maison Blanche en juillet, en plein déballage du controversé directeur de la communication, Anthony Scaramucci. Ce dernier l'avait décrit comme un «putain de schizophrène paranoïaque», l’avait publiquement accusé d’être à l’origine de fuites dans la presse sur son compte et menacé de le virer.

Ce cadre du parti, ancien président du comité national du Parti Républicain est remplacé dans la foulée par John Kelly. Donald Trump lui aurait également reproché sa part de responsabilité dans un certain nombre d'échecs législatifs, pourtant acquis aux républicains.

Sean Spicer

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Porte-parole de la Maison blanche (6 mois en poste)

En juillet, Sean Spicer a quitté en pleine crise le département de la communication de la Maison Blanche le 21 juillet, après la nomination comme adjoint d'Anthony Scaramucci, en profond désaccord avec le choix de Donald Trump. 

Multipliant les couacs, avec une tendance à s'emporter facilement contre les questions des journalistes, il est rapidement devenu le communicant le plus raillé sous Donald Trump et le plus caricaturé par la scène humoristique américaine. Il a depuis admis ses erreurs répétés dans une interview à la télévision américaine, regrettant s'être «couvert de honte» au cours de ses 6 mois mouvementés à la Maison Blanche. 

James Comey

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Directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI) (3 mois et 19 jours en poste sous la présidence de Donald Trump)

Alors qu'il dirigeait l'enquête sur les liens potentiels entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie, James Comey est écarté du FBI avec effet immédiat le 9 mai 2017. Lors d'une audition devant le Sénat, il avait accusé le président de lui avoir demandé d'abandonner les poursuites visant Michael Flynn. 

L'ancien patron du FBI, à la tête de l'agence fédérale depuis 2013, a depuis décidé de livrer sa version des faits dans ses mémoires, intitulées «A Higher Loyalty» : un livre déjà bestseller à en croire les chiffres des pré-ventes sur Amazon, à paraitre le 17 avril.

Michael Flynn

turnover_michael_flynn.jpgConseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis (25 jours en poste)

Le général à la retraite a été contraint à la démission le 13 février 2017, à la suite des révélations sur ses contacts répétés avec Sergueï Kislyak, l’ambassadeur russe à Washington. Flynn, épaulé par le vice-président Mike Pence, nie dans un premier temps ces accusations, expliquant que les conversations téléphoniques avaient seulement pour but de préparer un échange entre Donald Trump et Vladimir Poutine.

Mis en examen dans cette affaire, il est l'une des principaux protagonistes de l'enquête menée par le redouté procureur spécial, Robert Mueller. Le bref patron du renseignement a reconnu avoir sciemment menti au FBI sur la nature de ses contacts avec le diplomate russe. Il collabore désormais avec les enquêteurs.

Sally Yates

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Procureure générale des Etats-Unis par intérim (11 jours en poste)

Procureure par intérim désigné par Barack Obama, Sally Yates est limogée le 30 janvier 2017 par le fraichement nommé 45e président des Etats-Unis, une dizaine de jours après son arrivée à la Maison Blanche, avant même que son sucesseur, Jeff Sessions, ne soit officiellement nommé.

Parmi les multiples mesures controversées pris par Donald Trump dès les premières semaines de son mandat, l'«attorney general» avait réfusé de défendre le décret sur l'immigration

Egalement auditionnée par le Sénat sur l'affaire de l'ingérence russe dans la campagne présidentielle, elle a assuré avoir mis en garde le président américain des menaces de chantage de Moscou sur son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn. 

 

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