Harcèlement : comment un ex-présentateur vedette de Fox News a fait taire ses accusatrices

L'ex-présentateur de Fox News est impliqué dans au moins six affaires de harcèlement. [Slaven Vlasic / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Pour la toute première fois ce mercredi 4 avril, un juge fédéral a ordonné la divulgation d'accords à l'amiable qui détaillent la manière dont Bill O'Reilly, ex-présentateur vedette de Fox News, a acheté le silence de plusieurs de ses victimes de harcèlement sexuel. 

Il y a un peu plus d'un an, le New York Times  révélait que le célèbre journaliste était impliqué dans au moins six affaires de harcèlement, et qu'il avait déboursé 45 millions de dollars pour qu'elles ne soient pas ébruitées.

Les documents diffusés cette semaine par un magistrat new-yorkais montrent que deux de ces victimes avaient été contraintes de remettre l'ensemble des preuves de harcèlement, dont des enregistrements sonores et des notes, à Bill O'Reilly. Si elles venaient à violer les termes des accords conclus, qui se voulaient strictement confidentiels, elle auraient été forcées de restituer la somme qui leur avait été attribuée, en y ajoutant des frais de justice supplémentaires. 

Preuves détruites et avocats déloyaux

La première victime mentionnée dans ces documents est Andrea Mackris, l'ancienne productrice de l'émission de Bill O'Reilly sur Fox News. Elle l'avait poursuivi en justice pour harcèlement sexuel en 2004. On apprend, dans les dossiers divulgués, que certaines de ses preuves ont été détruites et que ses avocats s'étaient ralliés à l'accusé en plein milieu de la procédure. 

Elle avait touché 9 millions de dollars pour mettre fin aux poursuites. Une clause prévoyait également que si d'autres preuves venaient à être rendues publiques, Andrea Mackris avait pour obligation de prétendre qu'elles étaient «fausses et falsifiées». 

L'autre victime, l'ex-présentatrice de Fox News Rebecca Gomez Diamond, avait quant à elle reçu la somme de 3,25 millions de dollars. 

Des manigances pour «protéger ses enfants»

En réponse à ces révélations, Fredric S. Newman, l'un des avocats de Bill O'Reilly, a expliqué dans un communiqué que l'ancien présentateur cherchait de cette manière à protéger ses enfants, assurant que les accords avaient été «pleinement négociés avec les plaignantes qui avait bien été conseillées par des avocats expérimentés». 

Il a ajouté que, «les dispositions de l'accord étant désormais violées», son client Bill O'Reilly «agira par tous les moyens juridiques pour les renforcer». 

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