Cinquante ans après sa mort, un roman ressuscite Gagarine

Youri Gagarine sur le point d'embarquer à bord du Vostok pour son vol spatial, en 1961. Youri Gagarine sur le point d'embarquer à bord du Vostok pour son vol spatial, en 1961. [AFP]

Le dernier roman d'Anne-Marie Revol, «L'étoile russe», dresse un portrait intime de Youri Gagarine, le premier homme à avoir effectué un vol habité dans l'espace.

Au printemps 1968, Youri Gagarine, le premier homme à avoir réalisé un vol orbital autour de la Terre, en 1961, disparaissait dans un accident d’avion. Cinquante ans plus tard, Anne-Marie Revol ravive le souvenir du cosmonaute dans un roman, «L’étoile russe», qui dresse un portrait inédit du héros soviétique. L’esquisse d’un destin hors du commun, qui a marqué le XXe siècle. 

«Avant même d’accomplir son exploit, Youri Gagarine est une parcelle d’Histoire à lui tout seul», souligne Anne-Marie Revol. «Il a subi la famine et vu son frère pendu sous ses yeux pendant la guerre de 1939-1945. Fils de paysans doté d’un simple diplôme de métallo, il incarnait à lui tout seul la faucille et le marteau du drapeau soviétique», poursuit-elle.

Un héros à tout juste 27 ans

Les origines modestes du jeune pilote ont probablement joué en sa faveur au moment de départager les derniers candidats à l’exploration spatiale. Gagarine était âgé de 27 ans. Le 12 avril 1961, il est entré dans l’Histoire, lors d’une expédition dont on apprendra plus tard qu’elle fut loin d’être idyllique. 

«Les calculs révélés a posteriori montraient qu’il avait 56 % de chance de se crasher, et 44 % de revenir vivant», rappelle la romancière. Coupure radio en vol, fusée enflammée en repassant dans l’atmosphère… Les péripéties n’ont pas manqué durant la mission.

Mais la presse soviétique n’en a rien révélé pendant trente ans, prétendant même que Gagarine avait atterri dans sa fusée, alors qu’il s’en était éjecté. «Tout devait être parfait, rien ne pouvait être défaillant en URSS», explique l’écrivain. Et, de fait, le conte a fonctionné, le cosmonaute étant devenu l’icône d’une génération.

«L’étoile russe», d’Anne-Marie Revol, éd. J-C Lattès, 19 euros.

Anne-Marie Revol est également l'auteur de «Gaspard ne répond plus» (Le livre de poche, 7,90 euros). 

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