Les couche-tard risquent de mourir plus jeunes

Les couche-tard sont également plus enclins à souffrir de diabète ou de problèmes respiratoires. [Capture d'écran Youtube/ Un jour sans fin/Raoul Gauguin]

Un problème de santé publique. D'après une étude britannique, les «oiseaux de nuit», qui se couchent tard et ont du mal à émerger le matin, risquent de mourir plus jeunes que les couche-tôt qui se lèvent avec le soleil.

Près d'un demi-million de citoyens anglais âgés de 38 à 73 ans ont participé à cette étude sur une période de six ans et demi, parue dans le journal spécialisé Chronobiology International.

Les participants se sont définis soit comme «une personne du matin» (27%), «plus du matin que du soir» (35%), «plus du soir que du matin» (28%), ou «vraiment une personne du soir» (9%).

2.127 décès ont été relevés sur la période de l'étude.

Des études antérieurs avaient démontré que les couche-tard développaient des risques accrus de maladies cardiovasculaires et de pathologies métaboliques comme le diabète. Mais, cette étude est la première à explorer véritablement le risque de mortalité.

Un problème de santé publique

«C'est un problème de santé publique qui ne peut plus être ignoré», estime ainsi Malcolm von Schantz, professeur de chronobiologie à l'université de Surrey.

D'après lui, les couche-tard devraient pouvoir bénéficier d'une plus grande flexibilité d'horaires de travail afin de commencer et finir plus tard.

«Les noctambules qui tentent de vivre dans un monde du matin peuvent en subir les conséquences sur leur santé», abonde Kristen Knutson, professeure à l'université de Northwestern, à Chicago, qui a co-écrit l'article avec Malcolm von Schantz.

«Il se pourrait que les personnes couche-tard aient une horloge biologique interne qui ne correspond pas à leur environnement externe», avance encore Kristen Knutson, en évoquant une kyrielle de comportements nocifs pour la santé de ces derniers (manque d'exercice, ne pas dormir suffisamment...).

Supprimer le changement d'heure

Les couche-tard ont également plus tendance à souffrir de troubles psychologiques, de diabète, de troubles neurologiques, gastro-intestinaux et respiratoires.

Ils sont en outre plus enclins à fumer, boire de l'alcool, consommer de la caféine et des drogues illégales.

Le passage à l'heure d'été, qui coïncide d'ailleurs avec une incidence plus grande des crises cardiaques, est moins bien supporté par les couche-tard, relèvent enfin les chercheurs.

Malcolm von Schantz suggère en conséquence d'envisager de le supprimer.

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