A Tokyo, un musée numérique pour repousser les frontières de l'art

La cascade dévale le long d'un mur et envahit la pièce : l'illusion est parfaite. Bienvenue dans le nouveau musée du collectif japonais teamLab, qui s'est fait connaître par ses spectaculaires expositions d'art numérique et ouvre un espace dédié cet été à Tokyo.

Promenade bucolique au milieu d'une rizière, balade urbaine dans un entrelacs de lampes, plongée dans un océan de vagues, et dégustation d'un vrai thé vert agrémenté d'une fleur virtuelle: au cours de sa déambulation, le visiteur est totalement immergé dans des installations en perpétuel changement.

Au programme également, des activités ludiques, comme cette forêt où on peut crapahuter sur des collines, s'envoler dans l'espace en sautant sur une sorte de trampoline, ou battre le rythme à l'unisson d'une centaine de danseurs traditionnels en forme de silhouettes translucides.

«Univers sans frontières»

Au fil de cinq différents univers, les oeuvres réagissent au contact du spectateur et le suivent dans son parcours, un processus qui est le fruit de complexes algorithmes.

Une membre du collectif japonais teamLab au milieu d'un paysage de fleurs lumineuses, le 1er mai 2018 au Mori Building Digital Art Museum à Tokyo [Behrouz MEHRI / AFP]
Une membre du collectif japonais teamLab au milieu d'un paysage de fleurs lumineuses, le 1er mai 2018 au Mori Building Digital Art Museum à Tokyo

«Nous avons créé un univers sans frontières composé de plusieurs oeuvres d'art qui se déplacent d'elles-mêmes, communiquent entre elles et se mélangent parfois avec les autres», explique Toshiyuki Inoko, co-fondateur de teamLab. «J'aimerais que cet espace soit un lieu où l'on puisse se rappeler que les frontières n'existent pas dans notre monde», confie-t-il.

Agé de 41 ans, il a formé teamLab en 2001 avec quatre autres camarades de l'université de Tokyo après des études d'ingénierie. Avec une ambition: «libérer l'art des contraintes physiques» qui sont celles d'une peinture sur toile. «Nous pensons que l'art numérique peut étendre le concept de beauté», résume teamLab dans son manifeste.

Mais ce n'est qu'en 2011 que le collectif a fait ses réels débuts artistiques à Taipei avant de prendre son élan en 2014 en intégrant le giron de la galerie new-yorkaise Pace Gallery.

Une membre du collectif japonais teamLab se promène dans un entrelacs de lampes, le 1er mai 2018 au Mori Building Digital Art Museum à Tokyo  [Behrouz MEHRI / AFP]
Une membre du collectif japonais teamLab se promène dans un entrelacs de lampes, le 1er mai 2018 au Mori Building Digital Art Museum à Tokyo

Un an plus tard, ils organisaient leur première exposition au Japon, attirant près de 500.000 visiteurs en cinq mois, avant de faire découvrir leurs travaux un peu partout à l'étranger, à Londres, dans la Silicon Valley, en Chine...

TeamLab franchit ici un nouveau cap en créant son propre musée, en partenariat avec le promoteur immobilier Mori Building, et avec le soutien de plusieurs groupes japonais, de Panasonic à Epson, qui fournissent le très sophistiqué équipement.

«Ultra-technologistes»

Une membre du collectif japonais teamLab au milieu d'une rizière, le 1er mai 2018 au Mori Building Digital Art Museum à Tokyo [Behrouz MEHRI / AFP]
Une membre du collectif japonais teamLab au milieu d'une rizière, le 1er mai 2018 au Mori Building Digital Art Museum à Tokyo

Présenté comme «unique» au monde, il s'étend sur un vaste espace de 10.000 m² qui réunit une cinquantaine d'oeuvres, dans le quartier futuriste d'Odaiba, lieu de la baie de la capitale prisé des touristes.

Mobilisant 520 ordinateurs et 470 projecteurs, c'est avant tout une prouesse technologique. Les pièces présentées ne sont «ni des animations pré-enregistrées, ni des imageries en boucle«, mais sont réalisées en temps réel, insiste teamLab.

 

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