Réchauffement climatique : des familles poursuivent l'Union européenne

Cette affaire baptisée «People's climate case» réunit aussi bien des paysans français que des éleveurs de rennes samis[Capture d'écran Youtube / People's Climate Case / Umweltinstitut München]

Sécheresse, fonte de glaciers, inondations... Une dizaine de familles de l'Union Européenne, kényane et fidjienne, se disant déjà victimes des effets du dérèglement climatique ont saisi ce mercredi 23 mai la justice européenne pour sa politique contre le réchauffement jugée «insuffisante».

Cette affaire baptisée «People's climate case» (lien en anglais) qui réunit aussi bien des paysans français que des éleveurs de rennes samis, comme des ONG de toute l'Europe, constitue la première plainte de ce type au niveau européen.

«L'hiver, pluie et neige peuvent alterner et former une couche de glace au sol qui empêche les rennes de gratter et d'atteindre le lichen dont ils se nourrissent», raconte ainsi Sanna Vannar, présidente de Sáminuorra, association représentant en Suède des jeunes Samis.

«Vous devez faire ce que vous pouvez pour nous protéger»

Sécheresse ou gel tardif selon les années, «notre production de lavande a été impactée très fortement, notamment ces 15 dernières années, au point de compromettre la vie même de l'exploitation», relate de son côté Maurice Feschet, 72 ans, dont le fils a repris la ferme familiale dans le sud de la France.

Présentation du combat de «People's climate case». (Les sous-titres sont en anglais)

Leur avocate, Roda Verheyen, estime que toutes ces familles sont déjà affectées par le changement climatique «et disent à l'UE, 'vous devez faire ce que vous pouvez pour nous protéger parce que sinon nos dommages seront catastrophiques'».

Les Européens se sont fixé l'objectif de baisser de 40% leurs émissions d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990.

Mais cet objectif est «insuffisant pour protéger les droits fondamentaux à la vie, à la santé, au travail et à la propriété», selon les représentants du People's climate case.

Pas une question d'argent

«Je ne cherche pas à être indemnisé mais à alerter les autorités de l'UE», qui ont «une responsabilité de leader au niveau mondial sur ces questions», raconte Armando Carvalho, propriétaire forestier dans le centre du Portugal qui a vu tous ses arbres détruits par le feu en 2017.

Ces familles de huit pays demandent à la Cour de justice d'annuler trois directives réglementant notamment les émissions des secteurs industriels et des Etats membres, tout en les maintenant en vigueur jusqu'à leur renforcement.

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