Donald Trump revendique le «droit absolu» de s'auto-gracier

Les déclarations de Donald Trump ont suscité l'indignation dans son propre camp.[NICHOLAS KAMM / AFP]

Ce lundi, Donald Trump, au coeur d'une enquête sur de possibles ingérences russes durant la campagne présidentielle de 2016, a affirmé sur Twitter qu'il avait le «droit absolu» de s'accorder une grâce présidentielle.

«Comme cela a été stipulé par de nombreux spécialistes du droit, j'ai le droit absolu de me gracier, mais pourquoi le ferais-je alors que je n'ai rien à me reprocher ?», a affirmé Donald Trump sur Twitter. L'un de ses avocats, Rudy Giuliani, avait déjà évoqué cette possibilité, tout en assurant que le président n'en avait pas l'intention, reconnaissant que les conséquences politiques d'une telle décision pourraient être lourdes.

L'enquête sur une éventuelle collusion entre l'équipe de campagne  de Donald Trump et Moscou ainsi qu'une possible «obstruction de justice» de la part du président américain fait peser une épée de Damoclès sur le milliardaire.

Dans un deuxième tweet, il dénonce la nomination «anticonstitutionnelle» du procureur spécial Robert Mueller pour mener l'enquête sur de possibles ingérences russes. «Malgré cela, nous jouons le jeu car, contrairement aux démocrates, je n'ai rien fait de mal !», a-t-il assuré.

Même s'il se dit innocent, le simple fait qu'il ait évoqué la possibilité de s'accorder une grâce présidentielle a suscité l'indignation dans l'opposition, mais aussi dans son propre camp. «Monsieur le président, vous êtes à deux doigts d'être éliminé sur les questions de constitutionnalité ce matin», a réagi le sénateur démocrate de New York Chuck Schumer.

Des grâces en faveur de ses proches

Le président américain a un pouvoir discrétionnaire pour accorder une grâce, sauf lorsque celle-ci sert à stopper une procédure de destitution en cours au Congrès, d'après la Constitution. Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama avaient tous attendu plus de deux ans avant d'accorder leur première grâce. Mais Donald Trump en a déjà fait usage estimant que la justice s'était trompé. Et ce sont ses soutiens qui en sont les premiers bénéficiaires.

Ainsi en 2017, il avait gracié le sulfureux ancien shérif Joe Arpaio, condamné pour ses méthodes policières discriminatoires envers les immigrés clandestins. La semaine dernière c'est Dinesh D'Souza un chroniqueur et réalisateur très anti-démocrate qui a été gracié. Il avait été condamné pour infraction aux lois sur le financement électoral.

Pour les détracteurs de Donald Trump, il envoie un message clair à ses proches inculpés par Robert Mueller : il pourra utiliser son droit de grâce au moment venu.

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