La restauration ratée d'une statue de Saint Georges suscite les moqueries et crée la controverse

Usée par le temps, une statue polychrome de Saint Georges datée du XVIe siècle vient de faire l’objet d’une restauration désastreuse en Espagne.

Le naufrage esthétique des travaux entrepris pour rénover l’œuvre originale est tel que la sculpture, qui trône dans l’église San Miguel de Estella (Navarre), fait depuis plusieurs jours le tour des réseaux sociaux, certains internautes n’hésitant pas à comparer le nouveau visage de Saint Georges à celui de Tintin ou même d’un Playmobil.

Il faut bien dire que le résultat est on ne peut plus raté. Outre le choix des couleurs et l’air ahuri prêté à Saint Georges à travers des coups de pinceaux mal maîtrisés, le matériel utilisé est aussi au cœur des critiques. «Ils ont utilisé du plâtre et une mauvaise peinture, et il est possible que les couches de peinture d'origine aient été perdues.», déplore le maire de la ville au Guardian.

La restauration a été menée à l’initiative des autorités paroissiales de l’église San Miguel qui n’avaient pas pris soin de consulter, au préalable, la mairie d’Estrella et le conseil régional. Résultat, les autorités religieuses ont choisi unilatéralement l’entreprise – spécialisée dans les arts et l’artisanat pour les enfants et la réparation des meubles – coupable de cet authentique massacre.

L'Association des restaurateurs d'Espagne (ACRE) déploré dans un communiqué «l'absence terrible de formation préalable, nécessaire pour effectuer ce type d'intervention» de la part de l'entreprise engagée par la paroisse de San Miguel de Estella. De vrais experts ont été missionnés pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être.

Cette histoire qui prête à sourire rappelle un précédent du même type survenu cinq ans plus tôt déjà en Espagne. Une croyante, bourrée de bonnes intentions mais aux compétences limitées, avait restauré une peinture représentant le Christ à Borja dans le Nord-Est du pays. Le rendu final avait été sujet à de nombreux détournements sur Twitter…

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