Syrie : près de 250 morts dans des attaques de Daesh dans le sud

Photo diffusée par l'agence officielle syrienne SANA montre un membre des forces de sécurité à côté d'une camionnette endommagée par un attentat suicide de Daesh, le 25 juillet 2018 à Soueida, dans le sud du pays [Handout / SANA/AFP] Photo diffusée par l'agence officielle syrienne SANA montre un membre des forces de sécurité à côté d'une camionnette endommagée par un attentat suicide de Daesh, le 25 juillet 2018 à Soueida, dans le sud du pays. [Handout / SANA/AFP]

Près de 250 personnes ont péri mercredi dans une série d'attaques revendiquées par Daesh dans le sud de la Syrie, l'un des bilans les plus lourds depuis le début de la guerre en 2011.

Il s'agit en outre des premières attaques de cette ampleur menées par Daesh depuis des mois dans le pays, où l'organisation jihadiste a essuyé de nombreux revers ces derniers mois.

Le président Bachar al-Assad a dénoncé un «crime», et pointé du doigt des pays étrangers qu'il n'a pas nommés, les accusant d'appuyer Daesh.

«Le crime d'aujourd’hui montre que les Etats qui soutiennent le terrorisme essaient de ranimer les organisations terroristes pour pouvoir s'en servir comme monnaie d'échange à des fins politiques, mais ces tentatives sont vouées à l’échec», a dit M. Assad en recevant l’émissaire du président russe Alexander Lavrentiev, selon les comptes de la présidence syrienne sur les réseaux sociaux.

L'assaut contre plusieurs villages couplés à des attentats ont eu lieu dans la province de Soueida, contrôlée totalement par le régime de Bachar al-Assad. Les jihadistes de Daesh sont présents dans une zone désertique au nord-est de cette région.

Selon les médias officiels syriens, les forces du régime ont lancé une contre-attaque pour repousser les jihadistes. Des raids aériens ont dans le même temps ciblé le groupe extrémiste qui s'est emparé de trois villages dans la matinée, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A l'issue de combats, les forces du régime ont repris les trois villages, selon l'OSDH. «Les jihadistes ont été forcés de reculer vers le désert», a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Aux premières heures de la journée, «quatre kamikazes ont fait détoner leurs ceintures explosives dans la ville de Soueida», chef-lieu de la province du même nom, selon M. Abdel Rahmane.

D'autres kamikazes ont mené des attaques dans des villages du nord-est de la province avant que les jihadistes ne les prennent d'assaut, a-t-il ajouté.

Au moins 183 personnes, dont 89 civils, ont été tuées et des dizaines blessées, selon un nouveau bilan de l'OSDH qui ne cesse de s'alourdir après la découverte de «nombreuses dépouilles dans les villages» attaqués, a indiqué M. Abdel Rahmane. «C'est le bilan le plus lourd dans la province de Soueida depuis le début du conflit».

Dans les villages, «les jihadistes ont (...) tué des habitants dans leurs maisons», a-t-il poursuivi. «Certaines personnes ayant fui l'assaut (de Daesh) sont revenues dans les villages repris (par le régime) et ont trouvé des habitants tués chez eux», a précisé en fin d'après-midi M. Abdel Rahmane.

Dans un communiqué publié sur Telegram, Daesh a affirmé que ses combattants avaient lancé des attaques principalement contre des positions du régime dans la province.

Flaques de sang

De leur côté, l'agence officielle Sana et la télévision d'Etat ont confirmé des victimes dans des attaques à Soueida, sans donner un bilan précis.

«Des unités de l'armée ont lancé une contre-attaque (pour repousser) les terroristes de Daesh», a indiqué la télévision d'Etat en utilisant un acronyme en arabe de Daesh.

Des frappes ont dans le même temps visé les jihadistes, a précisé M. Abdel Rahmane, faisant état de 38 morts parmi les combattants de Daesh, dont sept kamikazes.

Syrie [AFP   / AFP]
Syrie [AFP / AFP]

Des images diffusées par les médias officiels syriens après les attaques montrent un cadavre près d'un mur détruit dans la ville de Soueida, ainsi que des légumes répandus par terre au milieu de flaques de sang.

«Les Nations unies condamnent les attaques contre les civils» à Soueida, a affirmé dans un communiqué le coordinateur humanitaire de l'ONU en Syrie, Ali Zaatari.

«Ce nouvel acte criminel de l'EI confirme la nécessité d'une coordination des efforts de la communauté internationale pour éradiquer ce mal universel sur le sol syrien», a réagi, de son côté, le ministère russe des Affaires étrangères.

Ces attaques surviennent alors que le régime cherche à reprendre entièrement les provinces proches de Deraa et Qouneitra, contrôlées à plus de 90% par le pouvoir.

Dans le sud-ouest de la province de Deraa, un groupe extrémiste lié à Daesh contrôle un réduit, cible depuis plusieurs jours de raids aériens intenses du régime et de l'allié russe.

Selon Sana, les attaques à Soueida «visent à alléger la pression militaire» du régime contre les derniers jihadistes «qui seront anéantis à Deraa».

Après avoir occupé en 2014 de vastes pans de la Syrie,Desh contrôle désormais moins de 3% du territoire après de multiples revers.

Il est encore présent dans une partie de la province de Deir Ezzor (est), dans une zone désertique à l'est de la ville de Homs (centre) et dans certains secteurs du sud du pays. Des cellules sont également actives dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Grâce à l'intervention militaire russe dans la guerre depuis 2015, le régime syrien a réussi à engranger des victoires et a repris plus de 60% du territoire.

Plus de 350.000 personnes ont été tuées depuis 2011 dans ce conflit qui s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire morcelé.

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