New York impose un salaire minimum pour les chauffeurs de VTC

La ville de New York vient de prendre des mesures inédites de restrictions à l'encontre des entreprises de VTC [Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Depuis mercredi, Uber et ses concurrents ne peuvent plus accorder de nouveaux permis de chauffeurs dans la ville de New York. Un salaire minimum a également été imposé par la mairie pour protéger les chauffeurs de ces compagnies à la croissance fulgurante.

Jamais une grande ville américaine n'avait pris des mesures aussi restrictives en matière de voitures avec chauffeurs (VTC). Le gel des nouvelles licences, prévu pour une durée d'un an, doit permettre de mesurer l'impact de ce nouveau mode de transport sur la mégalopole, tandis que les nouvelles normes de rémunération visent à mieux défendre les droits des chauffeurs de VTC et préserver le business des traditionnels «taxis jaunes» de la faillite.

15 euros de l'heure

Le texte, adopté à 36 voix contre 9 par les autorités de la mégalopole américaine, se base sur une étude commandée par l'autorité américaine de régulation des véhicules avec chauffeurs, la «Taxi and Limousine Commission».

L'enquête recommande un salaire de 17,22 dollars de l'heure (14,85 euros), un montant qui correspond au salaire minimum de 15 dollars (environ 13 euros) - qui doit entrer en vigueur dans l'Etat de New York à la fin de cette année -,  relevé d'une somme considérée nécessaire pour couvrir les frais intrinsèques à la fonction de chauffeur. 

Car si un trajet de Uber, Lifty, Juno ou encore Via, les principaux acteurs du marché new-yorkais, est souvent moins cher et plus confortable qu'un trajet en «yellow cab», les chauffeurs de VTC sont nombreux à lutter pour vivre décemment.

Trop de Uber, trop d'embouteillages

«Plus de 100 000 salariés [de sociétés de VTC] et leurs familles bénéficieront de cette législation, a souligné le maire de New York, Bill de Blasio. Cette décision empêchera le flot de voitures alimentant les embouteillages qui paralysent nos rues.»

Avant l'arrivée d'Uber en 2011, New York comptait en 2010 13 500 taxis pour quelques 37 000 VTC. En 2017, alors que le nombre de taxis n'avait pas bougé, sujet à une limitation de la TLC, on recensait plus de 83 000 VTC en circulation. 

Tandis que plusieurs manifestations de chauffeurs de VTC ont été organisées dans la mégalopole pour soutenir la limitation, les géants du marché des VTC pointent des mesures qui menacent «l'une des rares solutions de transport fiable de transport, tandis que rien n'est fait pour réparer le métro ou décongestionner la circulation».

Les compagnies de VTC mettent également en garde les usagers contre des délais d'attente rallongés et des prix susceptibles d'augmenter, laissant même planer le discrédit sur les taxis traditionels, qui selon eux refuseraient de prendre des clients issus de minorités ethniques dans leurs véhicules. 

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