Le sexisme à Hollywood dénoncé par des actrices dans un court-métrage

L'actrice Emilia Clarke, qui interprète Daenerys dans la série Game of Thrones, fait partie du casting cinq étoiles du court-métrage. L'actrice Emilia Clarke, qui interprète Daenerys dans la série Game of Thrones, fait partie du casting cinq étoiles du court-métrage. [© Alberto PIZZOLI / AFP]

Pour dénoncer le sexisme et autres discriminations qui règnent dans l'industrie du cinéma, une poignée d'actrices d'Hollywood se sont mises en scène dans un court-métrage de la BBC, intitulé Leading Lady Parts. Elles interprètent des comédiennes qui passent un casting pour le moins cruel.

C'est le 30 juillet dernier que la chaîne de télévision britannique a diffusé le clip, écrit et réalisé par Jessica Swale, et quasi intégralement composé de femmes. Un court-métrage servi par une distribution cinq étoiles : Gemma Arterton, Catherine Tate, Gemma Chan, Emilia Clarke, Lena Headey ou encore Felicity Jones. Deux hommes font également partie de l'aventure féministe : Anthony Welsh et Tom Hiddleston.

Le jury, au combien condescendant, passe son temps à torpiller le physique des actrices, enchaînant les remarques sexistes ou désobligeantes. Pour espérer décrocher le rôle, elles sont ainsi sommées d'être «plus souriantes», «plus minces, mais avec des seins et des hanches – mais pas de trop grosses hanches», «plus blanches», «plus dénudées», ou encore porter «plus de maquillage».

Un écho à la réalité du monde des castings 

Drôle s'il n'était pas triste, le court-métrage entend dénoncer tous les stéréotypes – qu'ils soient ethniques, physiques ou de genre – qui collent à la peau des personnages de cinéma féminins. Le jury cherche ainsi une femme «vulnérable, délicate et mince», considérée comme l'idéal de la féminité, ou encore une actrice capable d'être «à la fois sexy et innocente», quitte à se dénuder davantage.

Même rengaine quand il s'agit de la couleur de peau : les jurés demandent à une candidate d'origine asiatique qu'elle soit «un peu plus blanche», ou confondent une comédienne noire avec une secrétaire avant de la rediriger vers la salle d'à-côté, où se déroule le casting du prochain Black Panther. Les clichés autour de l'âge en prennent aussi pour leur grade : considérée trop vieille pour le rôle, une actrice est directement recalée sous prétexte qu'elle fait trop «maman», voire «maman sexy» (histoire de combiner deux discriminations).

La fin du film en dit long sur les inégalités entre les sexes à Hollywood : Tom Hiddleston est sélectionné pour le rôle – rappelons-le, d'une Lady – sans même avoir prononcé une ligne du script. Une des actrices qui a passé le casting prononce ensuite les mots «Me too», en référence explicite au récent mouvement de libération de la parole des femmes face à la multiplication des polémiques concernant les agressions sexuelles, le sexisme et la sous-représentation des minorités.

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