Pays-Bas : un concours de caricatures de Mahomet suscite la colère au Pakistan

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan prévoit de mettre le sujet sur la table lors de l'assemblée générale de l'ONU en septembre.[AAMIR QURESHI / AFP]

Suite à l’organisation d’un concours de caricatures de Mahomet qui doit se dérouler en novembre au Pays-Bas à l'initiative de Geert Wilders, un député d’extrême droite, des milliers de Pakistanais ont manifesté mercredi pour exiger de leur gouvernement la rupture des relations diplomatiques avec Amsterdam.

Partis de Lahore pour rejoindre Islamabad, où un sit-in était prévu, les manifestants ont jugé la démarche hollandaise «blasphématoire». La marche est organisée par Tehreek-e-Labbaik (TLP), un parti politique dédié à la répression du blasphème, souligne The Guardian qui précise que, l’an dernier, une manifestation similaire avait bloqué la capitale pakistanaise pendant près d’un mois.

«Nous pouvons être martyrisés ou arrêtés», a martelé Peer Afzal Qadri, l’un des leaders du TLP, dans des propos recueillis par le Guardian. «Mais nous ne reculerons pas tant que le concours de dessins ne sera pas annulé ou que l’émissaire hollandais soit expulsé».

Un concours «irrespectueux» et «provocateur» pour le Premier ministre hollandais 

En réaction à ce concours de caricatures, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, avait qualifié l’événement «d’irrespectueux» et «provocateur», mais il n’empêchera pas sa tenue au nom de la liberté d’expression, rapporte l'AFP. Des propos insuffisants pour l'un des leaders des manifestants, Khadim Rizvi, pour qui «seul le jihad» est la solution.

Le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, a promis d’aborder la question lors de l’assemblée générale de l’ONU, en septembre. Pour lui, les pays islamistes doivent coopérer pour créer des lois contre le blasphème, similaires à celles contre le déni de l’Holocauste dans les pays européens.

«S’ils (les pays occidentaux) se sentent peinés quand il s’agit de l’Holocauste, pourquoi n’avons-nous pas été capables de transmettre à l’Occident combien nous ressentons de la peine quand ils blasphèment envers l’Islam et notre bien-aimé prophète ?», s’est interrogé Khan.

En juin dernier, Geert Wilders, chef du Parti pour la liberté (PVV), deuxième parti des Pays-Bas, a été reconnu coupable d’incitation à la haine. Il a promis une récompense de 10.000 dollars pour le vainqueur du concours. La compétition doit ouvrir en novembre et environ 200 personnes sont déjà inscrites.

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