Qui est Jimmie Akesson, le visage de l'extrême droite suédoise ?

Jimmie Akesson est le leader des Démocrates de Suède (SD) depuis 2005 [Jonathan NACKSTRAND / AFP]

Avec son apparence de gendre idéal, Jimmie Akesson est le visage de l'extrême droite suédoise, sur le point de faire une percée sans précédent aux élections législatives qui se tiennent dimanche 9 septembre. Retour sur le parcours de ce leader aux allures de jeune premier.

Un engagement precoce

Jimmie Akesson a commencé sa carrière politique à l'âge de 19 ans. Cette année-là, il se fait élire comme conseiller municipal de Sölvesborg, la ville dont il est originaire, au sud de la Suède. 

Engagé en premier lieu au sein des Modérés -un parti de centre droit- le jeune homme rejoindra finalement les rangs de l'extrême droite, à la fois déçu par le capitalisme libéral, l'adhésion à l'Union Européenne et l'immigration. 

Chef de file de l'extreme droite dédiabolisée

Quelques années plus tard, en 2005, Jimmie Akesson, qui a gravi les échelons, prend la tête des Démocrates de Suède (SD). Le parti SD a été créé en 1988 pour succéder au mouvement Bevara Sverige Svenskt (Gardons la Suède suédoise) - parti ultra-nationaliste lié à des groupuscules xénophobes et violents, actifs dans les années 1990. Défendant une idéologie ultralibérale à ses débuts, le parti SD va petit à petit prôner le repli sur soi, tant sur les plans économique que migratoire. 

Epousant totalement ces thèses ultra-nationalistes, le leader a continué à participer à la dédiabolisation du parti SD au fil des années. Dernier exemple en date, pendant les derniers jours de campagne électorale, il a exclu plusieurs dizaines de candidats aux élections locales (qui se tiennent en même temps que les élections législatives), sous l'étiquette des SD, en raison de leurs anciens engagements au sein de partis ou de groupuscules néonazis. 

Anti-immigration et eurosceptique convaincu

L'Europhobie, la lutte contre les flux migratoires et contre l'insécurité que l'immigration provoque -selon l'idéologie de Jimmie Akesson- sont aujourd'hui les maîtres-mots du programme soutenu par le parti SD.

D'après une interview donnée en 2014 à une chaîne de télévision, le trentenaire aurait forgé ses premières convictions anti-immigration lors d'un évènement précis survenu pendant son enfance. Alors qu'il se trouvait sur son vélo, des jeunes migrants l'auraient fait tomber avant de le traiter de «Suédois sanguinaire».

Aujourd'hui, Jimmie Akesson, âgé de 39 ans, et son parti défendent le «Swexit» et la suppression de la double nationalité -excepté pour les individus originaires de pays nordiques. En 2009, le chef de file affirmait que les musulmans représentaient la «plus grande menace étrangère depuis la Seconde Guerre mondiale».

L'entrée des SD au Parlement 

C'est sous son règne notamment que les SD sont parvenus à rentrer au Parlement suédois. Les élections de 2010 ont ainsi permis à vingt députés de rejoindre les rangs de l'assemblée avec 5,7 % des voix.

Quatre ans après, le parti SD comptabilise 13% des suffrages et devient la troisième force du pays. 

Vers une percée électorale sans précédent en 2018 ? 

Mais dimanche 9 septembre 2018, les électeurs suédois marqués par la crise migratoire de 2014 et 2015 pourraient faire progresser encore davantage le poids politique de cette extrême droite dédiabolisée.

Les dernier sondages donnent près de 20% des suffrages au parti de Jimmie Akesson, au coude-à-coude avec les conservateurs. Ce qui s'annonce comme une percée de l'extrême droite au niveau national signerait également le renforcement de populismes déjà bien installés au niveau européen. 

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