Meurtre dans un sous-marin danois : la perpétuité confirmée en appel contre Peter Madsen

Photo, prise le 25 avril 2018 à Copenhague, du sous-marin artisanal à bord duquel l'inventeur danois Peter Madsen avait embarqué la journaliste Kim Wall [Mads Claus Rasmussen / Ritzau Scanpix/AFP/Archives] Photo, prise le 25 avril 2018 à Copenhague, du sous-marin artisanal à bord duquel l'inventeur danois Peter Madsen avait embarqué la journaliste Kim Wall [Mads Claus Rasmussen / Ritzau Scanpix/AFP/Archives]

Condamné à la perpétuité pour l'assassinat de la journaliste suédoise Kim Wall dans son sous-marin en août 2017, l'inventeur autodidacte danois Peter Madsen espèrait voir sa peine réduite lors de son procès en appel. Sa peine a été confirmée ce mardi 26 septembre. 

Trois jours d'audience étaient prévus les 5, 12 et 14 septembre devant la Haute cour de Copenhague. «Le procès en appel ne concerne que la peine. Il ne traite pas de la question de la culpabilité», a souligné auprès de l'AFP une porte-parole de la Cour, la juge Karen Hald.

Peter Madsen, 47 ans, a été condamné fin avril à l'issue de 11 jours de procès au retentissement médiatique sans précédent dans un pays considéré comme l'un des plus sûrs du monde d'après un rapport de l'organisation indépendante Institute for Economics & Peace. Le 10 août 2017, il avait embarqué sur son submersible artisanal Kim Wall, 30 ans, qui projetait d'écrire un reportage sur ses désirs de conquête du ciel et des fonds marins. Portée disparue dans la nuit par son compagnon, son corps avait ensuite été retrouvé en mer, démembré.

La perpétuité rare au danemark

L'ingénieur autodidacte, qui a toujours plaidé l'accident, a renoncé à faire appel de sa condamnation pour meurtre avec préméditation. Une décision, a précisé son avocate en mai, qui n'est «certainement pas» synonyme d'aveu. «Il réalise qu'il a été reconnu coupable et il doit vivre avec. Il a décidé de ne pas continuer à se battre. Il n'a pas l'énergie nécessaire pour cela», a déclaré Betina Hald Engmark à la radio publique DR. Selon elle, la peine est «disproportionnée par rapport à la jurisprudence» et c'est sur cette question que les trois juges de la Cour d'appel vont plancher.

Au Danemark, hormis Peter Madsen, seul un criminel a été condamné à la perpétuité pour un seul meurtre. «Il est inhabituel d'être condamné à la perpétuité. Ce qui a été décisif est qu'il s'agit d'un crime préparé et planifié», avait relevé le procureur à la fin du procès en première instance.

Après avoir changé de versions à plusieurs reprises, Peter Madsen avait affirmé lors des débats que Kim Wall était morte intoxiquée par des émanations de monoxyde de carbone à l'intérieur du sous-marin. Pour les légistes en revanche, la jeune femme est «probablement» morte à la suite d'un égorgement ou d'un étouffement. Quatorze perforations autour des parties génitales ont également été observées.

un «Pervers polymorphe»

Peter Madsen est un «pervers polymorphe» mû par une sexualité morbide, selon la justice de son pays. Les experts psychiatres le disent «pervers» et «dangereux» et ne doutent pas qu'il récidivera. Ces appréciations ont fini de convaincre la cour malgré le manque de preuves matérielles irréfutables et l'état de décomposition avancée du corps de Kim Wall, qui n'a pas permis de déterminer les causes exactes de sa mort.

Peter Madsen a également été reconnu coupable de lui avoir infligé des mutilations sexuelles et d'avoir démembré et décapité son cadavre avant de le disperser en mer.

La prison à vie correspond au Danemark à 16 ans de réclusion effective en moyenne. Seuls 25 détenus purgent une peine de ce type. Après douze ans d'emprisonnement, un condamné à la perpétuité peut demander à être remis en liberté mais est maintenu en prison tant que la justice considère qu'il représente un risque pour la société. Le jugement doit être rendu le 14 septembre.

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