Tsunami en Indonésie : Palu sous les décombres

La ville de Palu a subi d'importantes destructions à la suite du tsunami du 28 septembre. La ville de Palu a subi d'importantes destructions à la suite du tsunami du 28 septembre.[Azwar / AFP]

Arbres déracinés, carcasses de voitures, lignes électriques abattues… Une partie de l’île indonésienne des Célèbes se trouvait réduite en ruines, ce dimanche, deux jours après un séisme de magnitude 7,5, qui a déclenché un tsunami destructeur. 

Alors que les secours s’activaient à chercher des survivants, les autorités annonçaient un bilan revu à la hausse pour atteindre 832 morts. Un chiffre qui risque de s’alourdir, compte tenu du grand nombre de disparus. 

Face à l’horreur

Le président indonésien, Joko Widodo, qui s’est rendu hier à Palu, la ville la plus touchée par le tsunami, sur la côte ouest de l’île, a appelé les militaires déployés sur place à «travailler jour et nuit pour procéder aux évacuations». Plusieurs pays étrangers, à l’instar de la France, ont annoncé l’envoi imminent de renforts. 

La situation nécessite en effet une mobilisation massive. Car, hier soir, les autorités étaient encore sans nouvelles de centaines de personnes, parmi lesquels se trouveraient trois Français. Une information qui n’avait pas encore été confirmée par Paris. Au total, 71 étrangers étaient présents sur le lieu du drame, mais la plupart ont été évacués.

Si la majorité des victimes ont été recensées à Palu, une agglomération de 350 000 habitants dans l’ouest de l’île, la situation restait aussi très incertaine dans la région de Donggala, plus au nord, où le séisme a tué au moins onze personnes. Sur l’ensemble du territoire, le vice-président indonésien, Jusuf Kalla, a confié redouter «un ou plusieurs milliers» de morts.

Au-delà de la recherche et de l’évacuation d’éventuels survivants, les autorités doivent également prendre en charge les nombreux rescapés ayant perdu leur logement. Les hôpitaux, dont certains ont été partiellement détruits, peinent à prendre en charge les blessés, parfois soignés à l’extérieur.

Enfin, les habitants de Palu font face à des pénuries d’eau, de nourriture et d’essence, entraînant de nombreux pillages. Les survivants évoluent dans des conditions sanitaires déplorables, et les autorités ont annoncé hier des enterrements de masse pour éviter la propagation de maladies.

Un pays très exposé

Cette nouvelle catastrophe survient quelques semaines à peine après une série de tremblements de terre qui avaient déjà fait 555 morts et plus de 1 500 blessés sur l’île de Lombok, voisine de Bali, au mois d’août dernier. Un enchaînement qui ne doit rien au hasard. L’Indonésie, archipel de 17 000 îles et îlots, se trouve en effet sur la Ceinture de feu du pacifique, une zone à forte activité volcanique et sismique.

Elle se situe en outre à l’intersection des trois plaques tectoniques indo-pacifique, eurasienne et australienne, ce qui favorise le déclenchement de tremblements de terre. Ces derniers sont régulièrement suivis de tsunamis, particulièrement dévastateurs dans des territoires insulaires où l’activité est traditionnellement concentrée sur les côtes. 

En 2004, un séisme de magnitude 9,1 avait déclenché un raz-de-marée d’une ampleur historique, qui avait causé la mort de 220 000 personnes dans la région, dont 168 000 en Indonésie. 

 

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