Les Roumains se prononcent sur le mariage gay

Une affiche appelant à "défendre les enfants de Roumanie" et à voter "oui" au référendum sur l'interdiction du mariage gay, le 2 octobre 2018 dans une rue de Bucarest [Daniel MIHAILESCU / AFP] Une affiche appelant à "défendre les enfants de Roumanie" et à voter "oui" au référendum sur l'interdiction du mariage gay, le 2 octobre 2018 dans une rue de Bucarest [Daniel MIHAILESCU / AFP]

Les Roumains ont commencé à voter samedi pour graver dans la Constitution l'interdiction du mariage gay lors d'un référendum soutenu par la gauche au pouvoir, qui y voit l'occasion de faire oublier ses déboires.

Les 19 millions d'électeurs du pays ont jusqu'à dimanche soir pour approuver un changement de la définition du mariage afin que seuls "un homme et une femme" puissent s'unir et non plus des "époux", comme le stipule actuellement la loi fondamentale.

La majorité sociale-démocrate (PSD) a décidé de laisser les bureaux de vote ouverts deux jours, espérant faire le plein de votants dans cette consultation dont la principale inconnue est la participation: le seuil de 30% des inscrits doit être atteint pour valider le référendum.

Les opposants au vote faisant le pari du boycott, la victoire du "oui" est assurée, avec un score qui pourrait atteindre 90% des suffrages, selon un sondage de l'Institut CURS publié vendredi.

"Nous n'avons rien contre les minorités ou contre les homosexuels, car nous ne sommes pas racistes, au contraire nous sommes un peuple chaleureux et pacifique", assure à l'AFP Viorel Zburau, un agent immobilier qui se prépare à voter "oui".

"J'espère que le gouvernement va comprendre que la Roumanie a d'autres priorités", indique en revanche Speranta Stan, une psychologue bucarestoise, ajoutant qu'elle ne voterait pas.

Un militant distribue des tracts appelant à voter "oui" au référendum sur l'interdiction du mariage gay, le 3 octobre 2018 à Bucarest, en Roumanie [Daniel MIHAILESCU / AFP]
Un militant distribue des tracts appelant à voter "oui" au référendum sur l'interdiction du mariage gay, le 3 octobre 2018 à Bucarest, en Roumanie

Une faible participation serait vue comme un revers pour les sociaux-démocrates qui se sont affichés durant la campagne aux côtés de hauts prélats orthodoxes. Le référendum émane d'une "initiative citoyenne", proche de l'Eglise, qui a présenté trois millions de signatures à cet effet.

"Mon éducation orthodoxe, mon éducation traditionnelle me font dire +oui+, c'est comme ça que je vois la continuité de ce peuple", a récemment déclaré le patron du PSD, Liviu Dragnea.

Après une campagne qui a exalté les valeurs de la famille, et laissé cours aux discours homophobes, le PSD compte mobiliser la Roumanie rurale et conservatrice, le coeur de son électorat.

Revenu au pouvoir fin 2016, le parti traverse un trou d'air, accusé de vouloir affaiblir la lutte contre la corruption et contrôler la justice qui a épinglé nombre de ses élus.

Les résultats du référendum sont attendus lundi et le même jour, Liviu Dragnea doit comparaître en justice pour son procès en appel dans une affaire d'emplois fictifs qui lui a valu trois ans et demi de prison ferme en première instance.

 

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