Rapport du Giec : ça chauffe pour la planète

Les experts du Giec incitent à agir au plus vite et à accentuer les efforts, pour éviter des effets irréversibles.

La sonnette d’alarme retentit une fois de plus pour la préservation de la planète. L’alerte est lancée par les scientifiques du Giec (groupe d’experts de l’Onu sur le climat ), qui ont publié cette nuit un rapport sur le réchauffement climatique. Pour eux, le moment est plus grave que jamais, et il faut agir en extrême urgence. 

Alors que l’Accord de Paris, conclu en 2015, prévoyait de limiter la hausse du mercure «en-deçà de 2 °C» sur plusieurs décennies, d’ici à 2100, les experts intiment désormais de la bloquer à 1,5 °C. Une limite qui devrait, en outre, être atteinte dans à peine une dizaine d’années, dès 2030, si rien ne change. Les dirigeants mondiaux - qui ont validé le texte - doivent donc réajuster leurs objectifs très vite, sous peine de conséquences désastreuses.

Une limite plus drastique

Si cet écart de 0,5 °C peut paraître anecdotique, il revêt en réalité une différence cruciale, car il permettrait de limiter de nombreux dégâts. En effet, si 18 % des insectes et 16 % des végétaux du globe se trouveraient affectés par une augmentation des températures de 2 °C, ces proportions descendraient à  6 % et 8 % si elle était d’1,5 °C.

De même, le premier scénario exposerait 410 millions de personnes à la sécheresse d’ici à la fin du siècle, alors que le second en menacerait 350 millions, soit 60 millions de moins, selon l’organisation mondiale de protection de la nature WWF. Les océans pourraient être moins touchés, puisque le niveau de la mer grimperait de 56 cm si l’on s’en tient à l’objectif initial, poussant des millions de personnes à l’exil, contre 48 cm si les dernières préconisations du Giec sont mises en œuvre. Les récifs coralliens disparaîtraient totalement à + 2 °C, tandis qu’une hausse plus faible du mercure permettrait d’en sauvegarder 30 %.

De plus, les scientifiques estiment que le non-respect du 1,5 °C augmenterait le risque de catastrophes naturelles (vagues de chaleur, précipitations diluviennes, inondations, feux de forêts…), ce qui toucherait directement le rendement des terres agricoles. Le réajustement du seuil à ne pas dépasser est donc primordial, alors que la hausse accélérée des températures a rendu caducs les précédents accords.

«Les engagements actuels des pays pour réduire les émissions (de gaz à effet de serre) ne suffiront pas à limiter le réchauffement à 1,5 °C, on ne peut pas négocier avec la science», prévient ainsi Stephen Cornelius, de WWF. Les experts estiment même qu’il pourrait atteindre les 3 °C en 2100 si rien ne change.

Un manque de cohésion

Aussi alarmant soit-il, le discours des experts peine à susciter l’adhésion parmi les dirigeants mondiaux, peu enclins à suivre leurs recommandations. Ainsi, l’Arabie Saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, s’est montrée particulièrement réticente à valider le rapport du Giec, notamment concernant la nécessité d’endiguer les rejets de CO2.

Les pays miniers comme la Pologne, l’Australie et le Japon ont exprimé leur mécontentement à propos de projections chiffrées pour faire reculer les énergies fossiles et sortir du charbon. Des réticences qui rappellent la difficulté de parvenir à des engagements mondiaux quand chaque pays doit composer avec sa propre économie. Ce que le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris, à l’été 2017, avait déjà démontré.

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