Et si le génie de Léonard de Vinci venait en réalité de son strabisme ?

Célèbre auto-portrait de Léonard de Vinci, exposé dans la Bibliothèque royale de Turin (Italie). Célèbre auto-portrait de Léonard de Vinci, exposé dans la Bibliothèque royale de Turin (Italie). [© Marco BERTORELLO / AFP]

Handicap de naissance, talent inné ? Selon une récente étude britannique, Léonard de Vinci souffrait d'un strabisme qui aurait contribué à son sens de la perspective, augmentant son champ de vision et la perception de la profondeur.

L'étude dirigée par Christopher Tyler, de la City University de Londres, a porté sur six portraits et auto-portraits réalisés par le maître italien de la Renaissance, deux peintures, deux sculptures, et deux dessins.

Or, le chercheur a mis en évidence que les yeux des personnages visibles dans ces oeuvres présentaient «un angle de strabisme divergent», notamment dans le tableau «Salvator Mundi», le «Saint Jean Baptiste» ou encore le célèbre dessin de l'«Homme de Vitruve» étudiant les proportions du corps humain. Ces indices «laissent penser que Léonard de Vinci avait un strabisme divergent intermittent, et la capacité de passer en vision monoculaire», écrit Christopher Tyler dans cette étude publiée en ligne vendredi par la revue médicale JAMA Ophthalmology.

Rembrandt et Picasso également touchés ?

Les personnes présentant un strabisme ont souvent une vision monoculaire plutôt que binoculaire : les deux yeux sont utilisés séparément, ce qui peut avoir pour effet d'augmenter le champ de vision et la perception de la profondeur.

Un strabisme divergent, «en particulier s'il était intermittent, peut avoir contribué à la capacité exceptionnelle de Léonard de Vinci de rendre le relief sur une toile», souligne le chercheur. Ce trouble de la vision «explique peut-être la grande facilité (du peintre) à représenter des objets et des visages en trois dimensions», ou à présenter des paysages montagneux à l'arrière plan de ses compositions, selon l'étude.

Le strabisme peut s'avérer «commode pour un peintre, car voir le monde avec un seul oeil permet des comparaisons directes avec l'image à plat, dessinée ou peinte», estime Christopher Tyler, qui cite des études selon lesquelles d'autres peintres de renom comme Rembrandt, Dürer, Degas ou Picasso, en souffraient également.

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