Papouasie-Nouvelle-Guinée : grève générale contre l'achat de voitures de luxe par le gouvernement

Les Maserati achetées par le gouvernement de Papouasie sur le tarmac de l'aéroport de Port Moresby. Les Maserati achetées par le gouvernement de Papouasie sur le tarmac de l'aéroport de Port Moresby. [© AirBridgeCargo]

Ils dénoncent des dépenses futiles. Des milliers d'habitants de Papouasie-Nouvelle-Guinée ont organisé ce vendredi une grève générale pour protester contre l'achat de plusieurs voitures de luxe par le gouvernement, dans un pays où la population est pauvre.

C'est, d'après le gouvernement, pour le sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) organisé en novembre à Port Moresby qu'il a tenu à acheter une flotte de quarante Maserati pour près de 5,8 millions d'euros, et trois limousines Bentley à plus de 200.000 euros pièce, rapporte le journal The Australian. L'objectif, selon les pouvoirs publics, est de transporter les dignitaires aux différentes étapes du sommet de l'Apec, comme le veut le protocole.

Soucieux d'éteindre la polémique, le gouvernement a argué que les voitures de luxe étaient indispensables lors d'événements prestigieux comme l'Apec, et qu'elles seront revendues au secteur privé après le sommet. Il a affirmé que les acheteurs se bousculaient au portillon, ce qu'a démenti l'opposition.

un boycott très suivi

Dès la révélation de l'achat, de nombreuses critiques ont fusé, jugeant que l'argent ainsi dépensé l'aurait été plus utilement pour remédier aux problèmes sociaux du pays. Dans la foulée, les parlementaires d'opposition ont appelé à une grève nationale sur cette question, déclarant qu'elle était le symbole de la corruption du gouvernement.

Et leur appel a connu un fort suivi. Plusieurs milliers de citoyens ont boycotté leur travail, à l'instar des conducteurs de transports (bus, taxis...) et des agents des aéroports. Le trafic routier était quasi-nul, les rues désertes. «Cela ressemble à un dimanche», a déclaré Martyn Namorong, activiste politique notoire de Papouasie-Nouvelle-Guinée et un des instigateurs du mouvement social. Et d'ajouter : «C'est une protestation contre la corruption liée à l'organisation de l'Apec. Ce n'est pas une protestation contre les leaders du monde, mais contre notre propre corruption, celle de nos dirigeants irresponsables.»

Dans un pays déjà frappé par un récent séisme, confronté à une pénurie de médicaments, touché par une précarité chronique (un tiers de la population sous le seuil de pauvreté) et où la polio et la tuberculose ont refait leur apparition, ces dépenses faramineuses pour de simples véhicules apparaissent comme du gaspillage aux yeux des habitants. Un tel pécule devrait, selon eux, plutôt permettre de restaurer les routes, remettre les hôpitaux à neuf, investir dans l'éducation et relancer les services publics. Entre autres urgences sociales.

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