Colis piégés : ce que l'on sait sur Cesar Sayoc, suspect numéro 1 et fan de Donald Trump

L'affaire passionne l'Amérique. Soupçonné d'avoir envoyé des colis piégés à des opposant à Donald Trump, Cesar Sayoc a été arrêté par le FBI à Miami, le 26 octobre. Trois points essentiels à savoir sur le suspect numéro 1 de l'affaire qui secoue le gouvernement américain. 

Un casier judiciaire bien rempli 

Le 26 octobre, un porte-parole du ministère américain de la justice annonçait officiellement qu'un homme avait été interpellé par le FBI à Plantation, une ville de Floride située à quelques kilomètres de Miami. C'est grâce à une empreinte digitale prélevée sur l'un des colis contenant des bombes artisanales que Cesar Sayoc, un Américain de 56 ans originaire de New York, a pu être identifié par les autorités. Et le casier judiciaire du suspect est loin d'être vierge. Une première arrestation dans les années 1990 pour des faits de vol, puis une peine de sursis en 2002 pour «menace à la bombe». Egalement jugé pour des faits de violences domestiques, l'homme s'est pour la dernière fois retrouvé face à la justice en 2015. Un CV bien rempli grâce auquel Cesar Sayoc a pu être identifié facilement, ses empreintes digitales étant déjà enregistrées dans le fichier national des Etats-Unis. 

Une fascination pour Donald Trump 

13 colis ont été envoyés à des opposant à Donald Trump, en général personnalités issues du parti démocrates. Parmi elles, l'ancien président Barack Obama, l'ancienne secrétaire d'Etat Hillary Clinton, l'ex-vice président Joe Biden, le sénateur démocrate Cory Booker mais aussi l'acteur Robert de Niro. Chris Wray, le directeur du FBI, a d'ores et déjà prévenu qu'«il pourrait y avoir d'autres paquets». Largement relayées par les médias américains, les images d'une camionnette blanche ayant appartenu à Cesar Sayoc ne laissent aucune place au doute.

Sur les vitres, des photos de Donald Trump et de son vice-président Mike Pence. Les visages de Barack Obama et Hillary Clinton sont également affichés, couverts par une cible rouge. Un autocollant de la chaîne CNN (que le président américain critique fréquemment) apparaît sur la camionnette suivie de la phrase sans équivoque «CNN sucks» (comprenez «CNN est nulle»). 

Fan absolu du président républicain, Cesar Sayoc a participé à un de ses meetings en 2016 en Floride et s'est également rendu à Washington, quelques mois plus tard, pour son investiture. Une fascination presque obsessionnelle, que le suspect aimait afficher, lui qui était régulièrement photographié arborant la célèbre casquette «Make America Great Again», le slogan de campagne de Donald Trump. Suite à l'affaire, le chef d'Etat américain a déclaré : «Ces actes terroristes sont méprisables et n'ont pas sa place dans ce pays». 

Des opinions extremistes 

Si certains préfèrent partager leurs opinions en privé, ce n'était définitivement pas le cas de Cesar Sayoc. Son terrain de jeu favori ? Les réseaux sociaux, sur lesquels il affichait sans pudeur ses opinions très tranchées. Pour l'Américain, l'ancien président démocrate qu'il appelle «Obama le nègre» n'est qu'un «terroriste musulman». Cesar Sayoc s'amusait également à créer des faux comptes Twitter, sur lesquels il détaillait ses théories du complot. Des tweets visaient notamment Debbie Wasserman Schultz, élue démocrate de Floride dont l'adresse avait été notée par le suspect comme coordonnées d'expédition. Interrogée par CNN, son ancienne patronne, manager d'ue pizzeria à Fort Lauderdale a confié : «Il était très en colère contre le monde, les Noirs, les juifs, les gays. Il n'a jamais dit qu'il voulait les tuer, les assassiner ou leur lancer une bombe. Il disait juste 'si ça ne tenait qu'à moi, les Noirs, les gays et les juifs ne survivraient pas'».  

Cesar Sayoc a été inculpé de cinq chefs d'accusation dont «envoi illégal d'explosifs» et risque jusqu'à 48 ans de prison. 

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