Tout savoir sur Beto O’Rourke, étoile montante des démocrates américains

Beto O'Rourke s’impose avec un discours positif et rassembleur, qui parle à beaucoup d’Américains, au-delà des frontières texanes. [CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Le candidat démocrate texan Beto O'Rourke, déjà comparé à Obama et Kennedy, suscite l'espoir chez les anti-Trump, qui voient en lui celui qui pourrait battre l’actuel président américain en 2020.

Malgré sa défaite face à Ted Cruz, indéboulonable gouverneur du Texas, le candidat démocrate a fait sensation dans la campagne pour les élections de mi-mandat (ou midterms) aux Etats-Unis. 

Alors que le président des Etats-Unis appelle au rejet des migrants, Beto O'Rourke, 46 ans, marié et père de trois enfants, s’est imposé avec un discours positif et rassembleur, qui a parlé à beaucoup d’Américains, au-delà des frontières texanes. 

Un optimiste convaincant

Au Texas, bastion conservateur par excellence, il a mené une campagne sur des thèmes résolument progressistes, ce qui lui a attiré la sympathie de ceux qui n’en peuvent plus du climat politique actuel, marqué par les divisions et la négativité.

Son but n’est pas de dénigrer pour se mettre en avant. «L'agressivité et les échanges d'insultes occupent malheureusement une place centrale dans le débat politique : soit vous jetez de l'huile sur le feu, soit vous restez concentré sur l'avenir», avait-il notamment déclaré sur ABC.

Beto O'Rourke, qui refuse le soutien financier d'organisations et de lobbies, semble avoir séduit beaucoup d’Américains puisqu’il a tout de même recueilli la modique somme de 40 millions de dollars de dons d’électeurs -un record- et les extraits de ses discours sont regardés des millions de fois sur le Web.

Un candidat rock'n'roll

Quand il était plus jeune, Beto O'Rourke a fait partie d’un groupe de punk-rock, ce qu’il assume totalement. «Quand vous enregistrez vous-même, organisez vos tournées et écrivez vos chansons, vous avez le contrôle sur ce que vous dîtes. (…) Une campagne, c'est la même chose», avait-il déclaré récemment au site américain Vox.

Dans les années 1990, O'Rourke avait été arrêté pour cambriolage après avoir avoir franchi la clôture de l'université du Texas à El Paso, mais il n'avait pas été poursuivi. Ne reculant devant aucune occasion de le descendre en flèche, le parti Républicain avait publié sur Twitter, fin août, une photo du candidat démocrate lors d'une autre interpellation par la police en 1998 pour conduite en état d'ivresse. Âgé de 26 ans à l’époque, Beto O'Rourke avait percuté un autre véhicule et tenté de prendre la fuite avant d'être arrêté. Un épisode dont il n’est pas fier, mais qu’il n’a jamais cherché à cacher. Son honnêteté et son côté rock’n’roll semblent même finalement lui servir dans sa course aux électeurs.

Un homme engagé

En se filmant en direct sur Facebook en train de conduire, de rencontrer des électeurs avec un style décontracté ou de faire du skate, le candidat dépoussière la politique classique protocolaire et fait mouche.

Mais c'est sa prise de position, en faveur des joueurs de football américain qui ont posé un genou à terre durant l'hymne américain pour protester contre les violences policières visant les Noirs, qui a fait le tour du pays. Beto O'Rourke avait bénéficié de la mise en lumière du basketteur LeBron James, qui avait relayé une vidéo de son discours sur Twitter. Le candidat avait reconnu que sa couleur de peau avait probablement joué dans le fait qu’il avait été rapidement relâché après sa fameuse arrestation en état d’ivresse.

«Sans violence, pacifiquement, alors que tous les regards dans ce pays sont tournés vers ces matchs, ils s’agenouillent pour attirer notre attention sur ce problème et pour s’assurer qu’on y trouve une solution. Voilà pourquoi ils le font, et je ne peux penser à rien de plus américain que de se lever, ou de s’agenouiller pacifiquement, pour vos droits, partout et à n’importe quel moment», avait-il déclaré fin août, en réponse à un électeur qui lui demandait s’il trouvait le geste des joueurs de la NFL «irrespectueux».

Beto O’Rourke a également fait référence aux combats de Martin Luther King, Rosa Park et John Lewis, à la résistance passive des quatre étudiants du «Woolworth’s Lunch Counter», qui se sont assis dans la section réservée aux blancs dans un restaurant, et aux «Freedom Riders», qui ont fait de même dans les autobus, pour les lier aux protestations des footballeurs. 

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