La sonde InSight de la Nasa tente une descente à haut risque sur Mars

Illustration artistique fournie par la Nasa le 23 novembre 2018 montrant la descente de la sonde InSight vers la planète Mars [HO / NASA/JPL-CALTECH/AFP/Archives] Illustration artistique fournie par la Nasa le 23 novembre 2018 montrant la descente de la sonde InSight vers la planète Mars [HO / NASA/JPL-CALTECH/AFP/Archives]

Sept ans de travail, sept mois de voyage dans l'espace et sept minutes d'angoisse: la sonde américaine InSight va enfin toucher lundi la surface de la planète Mars à l'issue d'une descente à haut risque.

Et les ingénieurs de la Nasa qui suivent l'opération depuis la Terre ne peuvent rien faire d'autre que croiser les doigts: de l'entrée dans l'atmosphère martienne et ses tempêtes de poussière jusqu'au contact des pieds avec la roche, tout a été pré-programmé plusieurs heures à l'avance.

Plus cruel encore, le signal libérateur indiquant qu'InSight est sain et sauf va mettre huit minutes à parvenir au centre de contrôle de la mission, situé au Jet Propulsion Laboratory (JPL) à Pasadena (Californie)...

"Avec Mars, rien n'est jamais acquis. Mars est difficile", résumait encore dimanche Thomas Zurbuchen, chef du directorat scientifique de la Nasa, l'agence spatiale américaine qui a approuvé cette mission de près d'un milliard de dollars qui doit étudier les entrailles de la planète rouge.

Photo non datée fournie par la Nasa le 23 novembre 2018 et prise par la sonde spatiale Mars Odyssey montrant le site d'atterrissage d'InSight sur la plaine de l'Elysée sur Mars [HO / NASA/JPL-Caltech/ASU/AFP]
Photo non datée fournie par la Nasa le 23 novembre 2018 et prise par la sonde spatiale Mars Odyssey montrant le site d'atterrissage d'InSight sur la plaine de l'Elysée sur Mars

C'est la première fois depuis 2012 qu'un engin tente de se poser sur Mars, depuis le véhicule Curiosity de la Nasa, le seul encore actif sur cette planète voisine de notre Terre. Seuls les Etats-Unis ont réussi à y poser des robots. L'URSS a écrasé plusieurs atterrisseurs, tout comme les Européens, tout récemment en 2016.

Plus rapide qu'une balle

InSight doit aborder l'atmosphère de Mars à 19H47 GMT (11H47 heure de Californie), de manière très oblique pour éviter de voler en éclats. Le seul frottement de l'atmosphère fera monter la température rapidement à 1.500°C mais elle n'aura rien à craindre, bien à l'abri d'un bouclier thermique renforcé.

Tom Hoffman, chef du projet InSight pour la Nasa, montre le site d'atterrissage de la sonde InSight sur la planète Mars, le 25 novembre 2018 à Pasadena, en Californie [Bill INGALLS / (NASA/Bill Ingalls)/AFP]
Tom Hoffman, chef du projet InSight pour la Nasa, montre le site d'atterrissage de la sonde InSight sur la planète Mars, le 25 novembre 2018 à Pasadena, en Californie

La sonde se déplacera alors à environ 20.000 km/h, soit trois à quatre fois plus qu'une balle de fusil, et devra viser un rectangle de 10 km sur 24 km. Rapporté à son point de départ sur Terre, à 480 millions de km de là, "c'est comme marquer un but à 130.000 km de distance", souligne la Nasa.

Quatre minutes et une centaine de kilomètres plus bas, un parachute s'ouvrira automatiquement, freinant brutalement la descente. Puis, une fois largué le bouclier thermique, l'atterrisseur déploiera ses trois jambes et le parachute se détachera. "Nous serons en chute libre pendant un bref instant, ce qui est une pensée absolument terrifiante pour moi", a confié Tom Hoffman, chef du projet InSight pour la Nasa.

La sonde allumera bien vite ses 12 rétrofusées qui ralentiront à environ 8 km/h la descente de l'engin, qui ne pèsera alors plus que 365 kg. A 11H54 GMT, près de sept minutes après son premier contact avec l'atmosphère, InSight devrait enfin "amarsir".

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