L'homme le plus riche de Chine, Jack Ma, est membre du Parti communiste

Jack Ma Jack Ma, patron du géant du e-commerce Alibaba, est à la tête d'une fortune de 35,8 milliards de dollars (31,6 milliards d'euros), selon le magazine Forbes. [Fabrice COFFRINI / AFP]

Jack Ma, fondateur du géant chinois du commerce en ligne Alibaba et homme le plus riche de Chine, s'avère être membre du Parti communiste chinois (PCC), a révélé lundi 26 novembre le Quotidien du Peuple, l'organe du PCC au pouvoir.

Bien que le milliardaire, à la tête d'une fortune estimée à 35,8 milliards de dollars (31,6 milliards d'euros), selon le magazine américain Forbes, ait souvent gardé ses distances avec le gouvernement chinois lors de ses prises de parole, les spéculations sur son appartenance ou non au Parti communiste sont toujours allées bon train.

Une ambiguïté alimentée par Jack Ma lui-même, qui décrivait souvent sa relation avec le gouvernement à l'aide de la formule «Aimez-le, mais ne l'épousez pas». Le maintien de ce doute était une volonté de l'homme d'affaires de 54 ans, qui le jugeait préférable pour son profil international et ses ambitions.

Une adhésion stratégique

A première vue, il apparaît étonnant que Jack Ma, symbole du capitalisme avec son entreprise Alibaba cotée à la bourse de New York et valorisée environ 400 milliards de dollars (354 milliards d'euros), soit communiste. Pourtant, en y regardant de plus près, on peut en trouver l'explication. En Chine, de nombreux secteurs économiques sont dominés par des entreprises d'Etat. Une adhésion au PCC, qui revendique 89 millions de membres, peut donc faciliter les démarches des entrepreneurs privés, dans un contexte législatif et économique compliqué.

«Tout le monde se doutait qu'Alibaba devait être proche du PCC pour survivre», confirme Bill Bishop, journaliste pour le média chinois Sinocism, au site web d'information américain Business Insider. Ce dernier note tout de même que d'autres patrons chinois du secteur de la technologie ont réussi à créer des entreprises performantes sans adhérer au parti communiste.

L'obligation de Défendre les intérêts du parti

Mais une appartenance au PCC ne va pas sans quelques règles. Outre le versement de cotisations (2 % du salaire pour les plus fortunés), les aspirants membres du Parti doivent prêter serment d' «être loyal avec le Parti, travailler activement, se battre pour le communisme toute sa vie, être toujours prêt à tout sacrifier pour le Parti et le peuple et ne jamais trahir le Parti».

«L'affiliation politique d'un dirigeant n'influence pas le processus de prise de décision de l'entreprise», a toutefois précisé un porte-parole d'Alibaba dans un courriel adressé mardi 27 novembre à l'agence de presse britannique Reuters.

Un hommage aux personnalités importantes pour l'économie chinoise

Le Quotidien du Peuple a révélé l'appartenance de Jack Ma au PCC dans un article rendant hommage à 100 personnalités ayant contribué au dynamisme de l'économie chinoise. Le président d'Alibaba, qui va quitter ses fonctions en septembre 2019, y figure aux côtés des patrons de Baidu, Robin Li, et de Tencent, Pony Ma, même si aucun des deux n'est désigné comme membre du Parti communiste.

Baidu, Alibaba et Tencent forment le trio des géants chinois des nouvelles technologies, regroupés sous l'acronyme «BAT», sur le même modèle que les «GAFA» (Google, Apple, Facebook, Amazon) américains.

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