Vague de suicides chez les Amérindiens de Guyane

Un jeune homme de 20 ans, une lycéenne de 16 ans, et la fille du chef suprême des Wayana âgée de 43 ans se sont pendus à Maripasoula[JODY AMIET / AFP]

En trois semaines, à Maripasoula (Ouest de la Guyane), trois Amérindiens se sont suicidés. Cette série noire relance la problématique du mal-être de ces populations autochtones. 

Un jeune homme de 20 ans, une lycéenne de 16 ans, et la fille du chef suprême des Wayana âgée de 43 ans se sont pendus à Maripasoula. Chez les Amérindiens de Guyane, qui résident généralement dans les communes les plus reculées du territoire, le taux de suicide est huit à dix fois plus important que celui du littoral guyanais, et vingt-cinq fois plus qu'en métropole. 

Aikumalé Alemin, élu de Maripasoula, s'est dit «totalement dépassé» par ces drames. «On ne fait pas le centième de ce qui est à faire» pour prévenir ces suicides, a déploré Marianne Pradem, coordinatrice de la cellule régionale contre les suicides. «Les gens parlent beaucoup de sacrifices. Ces jeunes qui meurent ne peuvent pas faire la guerre contre quelque chose de trop puissant qui est en train de manger [...] leur territoire, leur spiritualité, leur mode de vie». 

Après des vagues de suicides en 2011 et en 2015, la préfecture de Guyane avait mis en place des cellules de crise. Mais la cellule régionale pour le mieux-être des populations de l'intérieur, créée en 2015, n'a «jamais eu de ligne budgétaire» et «n'existe plus» faute de moyens humains, a regretté Marianne Pradem. 

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