Syrie : Erdogan menace les milices kurdes

Le président turc Recep Erdogan prononce un discours le 6 décembre 2018 au siège de son parti [ADEM ALTAN / AFP] Le président turc Recep Erdogan prononce un discours le 6 décembre 2018 au siège de son parti [ADEM ALTAN / AFP]

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau menacé lundi 24 décembre les milices kurdes de Syrie et envoyé des renforts militaires à la frontière de ce pays en préparation d'une éventuelle offensive après le retrait attendu des troupes américaines.

Les menaces de M. Erdogan contre les Unités de protection du peuple (YPG) surviennent au lendemain de la signature à Washington de l'ordre de retrait des troupes américaines, qui soutiennent cette milice kurde dans le nord de la Syrie dans la lutte contre les jihadistes de Daesh.

Ankara, qui redoute de voir s'instaurer un embryon d'Etat kurde à ses portes susceptible de renforcer les velléités séparatistes de la minorité kurde sur son propre territoire, est farouchement hostile aux YPG en raison de leur liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé comme organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.

«Comme nous n'avons pas laissé les Arabes syriens en proie à Daesh, nous ne laisserons pas les Kurdes syriens en proie à la cruauté du PKK et des YPG, a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Ankara. Pourquoi sommes-nous actuellement en Syrie ? Pour que nos frères Arabes et Kurdes recouvrent leur liberté», a-t-il ajouté.

Renforts turcs à la frontière

Renforçant la pression sur les YPG, désarçonnées par l'annonce de l'imminent retrait des leurs alliés américains, la Turquie a acheminé de nouveaux renforts militaires à sa frontière avec la Syrie en préparation de l'offensive qui se profile, même si M. Erdogan a décidé d'y surseoir dans l'immédiat.

Des unités militaires, des canons de type Howitzer et des batteries d'artillerie ont été acheminés en convoi vers le district Elbeyli, face à la frontière syrienne dans la province turque de Kilis, selon l'agence étatique Anadolu.

Cet envoi de renforts avait commencé ce week-end avec l'arrivée d'une centaine de véhicules militaires turcs dans la région d'al-Bab, contrôlée par des forces pro-turques dans le nord de la Syrie, a indiqué le quotidien Hürriyet.

Des Syriens brandissent le drapeau national à Qamishli (ville à majorité kurde dans le nord-est)le 23 décembre 2018, pour demander l'aide de l'armée syrienne contre une offensive turque [Delil SOULEIMAN / AFP]
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Des Syriens brandissent le drapeau national à Qamishli (ville à majorité kurde dans le nord-est)le 23 décembre 2018, pour demander l'aide de l'armée syrienne contre une offensive turque

 

Des renforts militaires ont également été dépêchés vers la ville d'Akcakale et le district de Ceylanpinar dans la province de Sanliurfae (sud-est de la Turquie).

Prenant de court les alliés de Etats-Unis, M. Trump a ordonné mercredi le départ dès que possible des quelque 2.000 militaires américains stationnés dans le nord-est de la Syrie où ils luttent contre les jihadistes aux côtés des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition de milices arabo-kurdes dominée par les YPG.

Le président, opposant de longue date à la présence américaine dans un conflit jugé coûteux, a estimé que les troupes américaines n'étaient plus utiles car Daesh était «en grande partie vaincu».

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