Le célèbre écrivain israélien Amos Oz meurt à 79 ans

L'écrivain israélien Amos Oz discute avec des Palestiniens après la récolte d'olives à Aqraba, en Cisjordanie, le 30 octobre 2002. [Menahem KAHANA / AFP/Archives] L'écrivain israélien Amos Oz discute avec des Palestiniens après la récolte d'olives à Aqraba, en Cisjordanie, le 30 octobre 2002. [Menahem KAHANA / AFP/Archives]

Amos Oz, l'écrivain israélien le plus connu à l'étranger pour son oeuvre et son action en faveur de la paix avec les Palestiniens, s'est éteint vendredi à l'âge de 79 ans.

Amos Oz, dont le roman autobiographique «Une Histoire d'amour et de ténèbres» avait connu un succès mondial, est décédé des suites d'un cancer, a annoncé sa fille Fania Oz-Salzberger, historienne de profession.

«Mon père chéri vient de mourir, après une détérioration rapide (de son état de santé), dans son sommeil et tranquillement, entouré de ceux qui l'aiment», a-t-elle écrit sur Twitter, remerciant «ceux qui l'ont aimé».

En visite au Brésil, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé qu'Amos Oz était «parmi les plus grands écrivains de l'Etat d'Israël».

«Il a grandement contribué au renouveau de la littérature hébraïque, à travers laquelle il a exprimé avec talent et sensibilité des éléments importants de l'expérience israélienne», a ajouté M. Netanyahu, cité dans un communiqué de ses services.

«Malgré nos avis divergents sur de nombreuses questions, j'appréciais profondément sa contribution à la langue hébraïque et au renouveau de la littérature hébraïque», a-t-il dit.

«Géant de la littérature»

Issu d'une famille largement à droite, Amos Oz rejoint rapidement la gauche et devient un fervent militant de la paix avec les Palestiniens. Il avait dénoncé ces dernières années la politique de droite et favorable à la colonisation de M. Netanyahu.

Il boycottait les événements officiels organisés par Israël à l'étranger pour protester contre l'«extrémisme croissant» du gouvernement, tout en dénonçant ceux qui prônent la destruction d'Israël.

Le président israélien Reuven Rivlin a déploré dans un message sur Twitter la disparition d'un «géant de la littérature». «Une histoire d'amour et de lumière et maintenant, une grande obscurité», a-t-il écrit en faisant un jeu de mots sur le titre de l'ouvrage le plus connu de l'écrivain. «La tristesse s'abat sur nous avec le début du shabbat», a-t-il ajouté, le décès de l'écrivain ayant été annoncé juste avant le début du repos hebdomadaire juif.

La mort d'Amos Oz est «une perte pour nous tous et pour le monde», a affirmé le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon.

Le ministre français de la Culture Franck Riester a dit dans un tweet apprendre «avec une profonde tristesse» le décès de l'écrivain qu'il a qualifié de «figure majeure de la littérature israélienne».

«Il avait en France comme dans le monde entier un public fidèle, qui partageait ses valeurs de paix», a-t-il ajouté. La France avait attribué à l'écrivain le titre d'officier des Arts et des Lettres en 1984.

Nombreuses récompenses

Amos Oz a vu le jour à Jérusalem le 4 mai 1939 dans une famille d'origine russe et polonaise. Sa mère se suicide alors qu'il est âgé de 12 ans, un événement qui marquera profondément son oeuvre.

Lauréat du prestigieux prix Goethe 2005 en Allemagne, Amos Oz avait aussi reçu le prix d'Israël de littérature en 1998, le prix Méditerranée (étranger) en 2010 et le prix Franz Kafka en 2013.

L'écrivain israélien Amos Oz participe à la Conférence présidentielle israélienne à Jérusalem, le 14 mai 2008 [Menahem KAHANA / AFP/Archives]
L'écrivain israélien Amos Oz participe à la Conférence présidentielle israélienne à Jérusalem, le 14 mai 2008

En 1992, il avait également reçu le «Prix de la paix des libraires allemands», un prix considéré en Allemagne comme encore plus prestigieux que le prix Goethe.

«Dans ses oeuvres politiquement engagées, Amos Oz donne une image vivante de la société israélienne et son peuple aux différentes facettes; il décrit la diversité des voix dans l'Etat d'Israël», avait estimé le jury à l’époque.

Amos Oz était régulièrement pressenti pour le Prix Nobel de Littérature qu'il n'a cependant jamais obtenu. Marié et père de trois enfants, Amos Oz était très apprécié par les Israéliens de tous bords, notamment pour son humour.

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