Cesare Battisti a été extradé vers l'Italie

L'ex-militant d'extrême gauche italien Cesare Battisti, qui était en cavale depuis décembre, a été capturé dans la nuit de samedi à dimanche en Bolivie où il était retenu en attente de son extradition jusqu'à dimanche soir. L'avion qui le ramène en Italie a décollé dans la soirée de dimanche.

«Cesare Battisti rentrera en Italie dans les prochaines heures, avec un vol en partance de Santa Cruz et direct vers Rome», avait écrit un peu plus tôt sur son compte Facebook le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, après s'être entretenu par téléphone avec le président brésilien Jair Bolsonaro.

Plus tôt dans la journée, des responsables boliviens avaient affirmé que Cesare Battisti serait expulsé «dans les prochaines heures vers le Brésil», avant de rejoindre l'Italie pour être jugé. Mais l'escale au Brésil a finalement été supprimé du programme, l'ancien militant étant ramené directement dans son pays d'origine pour être jugé. 

«Le terroriste italien Cesare Battisti a été arrêté en Bolivie cette nuit (de samedi à dimanche) et sera ramené d'ici peu au Brésil, d'où il sera probablement envoyé en Italie pour purger sa peine à perpétuité, en accord avec la décision de la justice italienne», avait tweeté Filipe G. Martins, conseiller spécial du nouveau président brésilien Jair Bolsonaro pour les affaires étrangères.

Les principaux médias brésiliens ont indiqué que Battisti avait été intercepté dans la ville de Santa Cruz de la Sierra, en citant des sources de la police fédérale brésilienne.

«Battisti est détenu ! La démocratie est plus forte que le terrorisme», avait twitté de son côté Antonio Bernardini, ambassadeur d'Italie au Brésil.

Le fils du nouveau président brésilien, le député Eduardo Bolsonaro, avait écrit sur le même réseau social, en italien avec une photo de Battisti : «Le Brésil n'est plus une terre de bandits. Matteo Salvini (ministre de l'Intérieur italien, ndlr), le 'petit cadeau' va arriver.»

Condamné à la perpétuité pour 4 homicides

Mi-décembre, l'ex-président brésilien Michel Temer avait signé l'acte d'extradition réclamé depuis des années par l'Italie, où il a été condamné par contumace en 1993 à la prison à perpétuité pour quatre homicides et complicité de meurtres dans les années 70.

Ancien militant d'un groupe d'extrême gauche classé comme terroriste par la justice italienne, les Prolétaires armés pour le communisme, Battisti affirme être innocent de ces meurtres et a vécu exilé au Brésil depuis 2004, après avoir passé près de 15 ans en France.

Au terme d'un séjour en prison et d'un long processus judiciaire pour l'extrader, le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2011) avait décidé en 2010 de ne pas livrer le fugitif à l'Italie.

Jair Bolsonaro, président d'extrême droite qui a pris ses fonctions le 1er janvier, avait, lui, réitéré en décembre son intention d'extrader l'ancien militant, affirmant sur Twitter que le gouvernement italien pouvait «compter» sur lui pour le renvoyer vers son pays d'origine.

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