Pologne : le maire de Gdansk, agressé au couteau, est mort

Le maire de Gdansk, Pawel Adamowicz, lors d'une manifestation antifasciste à Gdansk (nord de la Pologne) le 21 avril 2018 [Simon Krawczyk / AFP] Le maire de Gdansk, Pawel Adamowicz, lors d'une manifestation antifasciste à Gdansk (nord de la Pologne) le 21 avril 2018 [Simon Krawczyk / AFP]

Le maire du grand port polonais de Gdansk (nord), Pawel Adamowicz, est mort lundi après l'agression au couteau dont il a été victime dimanche soir, a annoncé un médecin de l'hôpital universitaire de sa ville.

«En dépit de tous nos efforts, on n'a pas réussi à le sauver», a déclaré le Dr Tomasz Stefaniak, cité par l'agence PAP.

Opéré pendant la nuit durant cinq heures, M. Adamowicz était resté «branché sur des appareils (...) dans un état très grave». Le maire, âgé de 53 ans, avait perdu une «quantité énorme» de sang, ce qui a provoqué une hypoxie (diminution du taux d'oxygène dans le sang).

Choc

L'agression a provoqué un choc en Pologne, pays qui n'a pratiquement pas connu d'incident violent de ce genre depuis la chute du communisme il y a trente ans, hormis l'assassinat par balle à Lodz en 2010 d'un membre du PiS (Droit et Justice, conservateur) par un homme jugé responsable de ses actes qui avait invoqué sa «haine» de ce parti alors dans l'opposition.

Un homme est maintenu au sol par des personnels de sécurité après avoir attaqué au couteau le maire de Gdansk lors d'un concert de bienfaisance, le 13 janvier 2019 [Piotr Hukalo / East News/AFP]
Un homme est maintenu au sol par des personnels de sécurité après avoir attaqué au couteau le maire de Gdansk lors d'un concert de bienfaisance, le 13 janvier 2019 [Piotr Hukalo / East News/AFP]

Certains commentateurs se demandent si l'attaque de Gdansk a été favorisée par la violence du débat politique entre le PiS aujourd'hui au pouvoir et l'opposition centriste.

«Je pense que l'ambiance générale en Pologne peut y être pour quelque chose. On s'insulte, on s'attaque mutuellement. Il y a bien un climat d'agressivité dans l'air», a déclaré à l'AFP Zygmunt, un habitant trentenaire de Gdansk.

L'agresseur, un homme de 27 ans sorti de prison il y a quelques semaines après avoir purgé plus de cinq ans de détention pour plusieurs attaques à main armée contre des banques à Gdansk, s'en est pris au principal parti d'opposition, la Plateforme civique (PO).

Avant d'être interpellé sur le podium où il a poignardé M. Adamowicz, cet homme a affirmé avoir été jeté en prison, alors qu'il était innocent, et «torturé» par la PO, soutien de la candidature de M. Adamowicz aux municipales de l'automne dernier. «C'est pourquoi Adamowicz meurt», a-t-il lancé.

Motivations personnelles

Mais, d'après les premiers renseignements, les motivations de l’agresseur, identifié comme Stefan W., semblent plus personnelles que politiques. Lors de son séjour en prison, sa santé psychique se serait fortement dégradée, selon les médias.

Les Polonais s'interrogent aussi sur la sécurité entourant l'événement public, assurée par une société privée. Selon des témoins, l'agresseur était muni d'un badge «médias» qui lui aurait permis de monter sur le podium.

L'attaque s'est déroulée peu avant 20h00 (19H00 GMT) devant quelques centaines de personnes, sur un podium dressé pour une action caritative nationale de collecte de fonds pour l'achat d'équipements hospitaliers.

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