Italie : le navire Sea-Watch bloqué en Sicile par les gardes-côtes

Des migrants assis sur le pont du Sea Watch 3, le 30 janvier 2019 au large de Syracuse, en Italie [FEDERICO SCOPPA / AFP] Des migrants assis sur le pont du Sea Watch 3, le 30 janvier 2019 au large de Syracuse, en Italie. [FEDERICO SCOPPA / AFP]

Les gardes-côtes italiens ont annoncé vendredi avoir bloqué dans le port de Catane, en Sicile, le navire Sea-Watch 3, arrivé jeudi avec 47 migrants secourus au large de la Libye, pour une série de «non conformités» dans divers domaines.

Des militaires italiens spécialisés dans le domaine de la sécurité de la navigation «sont montés à bord du Sea-Watch 3 pour effectuer une vérification technique des conditions du navire du point de vue de l'UNCLOS, la convention de l'ONU sur le droit de la mer», indique un communiqué des gardes-côtes.

«Au cours de l'inspection du Sea-Watch 3, un navire certifié comme navire de plaisance (...), une série de non conformités concernant aussi bien la sécurité de la navigation que le respect des règles en matière de protection de l'environnement marin ont été relevées, ne permettant pas le départ du navire tant qu'elles ne seront pas résolues», indique la même source.

Le communiqué ne précise pas quelles sont les «non conformités» en question.

Les gardes-côtes affirment avoir informé les Pays-Bas, dont le Sea-Watch 3 bat pavillon, précisant que ces non conformités devront être résolues en coopération avec La Haye et les autorités italiennes.

L'équipage du navire craignait un développement de cette nature quand il a reçu l'ordre de se diriger vers Catane, une ville sicilienne dont le procureur «n'a pas une histoire très amicale avec les ONG», avait déclaré jeudi Kim Heaton-Heather, chef de mission à bord.

«Mais nous sommes tous absolument convaincus que nous n'avons rien fait de mal. Que nous avons respecté la loi à la lettre», avait-il ajouté.

Le navire est donc effectivement bloqué, mais pour le moment pour des raisons techniques ou administratives, pas judiciaires.

L'ONG, qui avait essayé de changer d'équipage jeudi et repartir dans la soirée, faisant valoir qu'il n'y avait plus de navires humanitaires au large de la Libye, a dénoncé une «pression politique» du gouvernement populiste italien derrière la décision des gardes-côtes.

«Les autorités, sous pression politique, sont à la recherche de n'importe quel prétexte technique pour arrêter les opérations de secours en mer», a-t-elle estimé sur Twitter.

Danilo Toninelli, ministre des Transports, dont dépendent les capitaineries de port, a répliqué sur Facebook : «Nous parlons d'un navire enregistré comme 'pleasure yacht' (navire de plaisance), qui n'est pas en règle pour effectuer des actions de récupération de migrants en mer».

«En Italie, ce n'est pas possible. Si tu es millionnaire et que tu achètes un yacht, tu vas naviguer pour ton plaisir, pas pour te substituer aux gardes-côtes libyens ou italiens», a-t-il insisté.

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