Washington appelle ses alliés à rapatrier leurs jihadistes détenus en Syrie

(Image d'illustration) Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo le 1er février 2019 à Washington [Eric BARADAT                 / AFP] Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. [Eric BARADAT / AFP]

Les Etats-Unis ont appelé lundi les autres pays à rapatrier leurs jihadistes détenus en Syrie, tentant de déminer l'un des nombreux casse-tête provoqués par leur retrait militaire en vue d'une réunion de la coalition internationale contre Daesh.

Deux jours avant cette rencontre mercredi à Washington des ministres des Affaires étrangères de la coalition contre l'organisation jihadiste en Irak et en Syrie, le département d'Etat américain a longuement insisté sur la «contribution» des combattants arabo-kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS).

Rappelant que les FDS ont fait prisonniers «des centaines de terroristes étrangers venus de dizaines de pays», la diplomatie américaine exhorte leurs gouvernements «à rapatrier et juger chez eux» ces jihadistes.

Le risque est que, à la faveur du départ des Etats-Unis, les détenus échappent au «contrôle positif» des Kurdes et «fuient du nord-est de la Syrie vers des zones du monde plus permissives d'où ils pourraient poursuivre le combat», met en garde un haut responsable américain.

L'appel américain va s'inviter dans un débat ultrasensible en France, frappée par une vague d'attentats meurtriers souvent planifiés depuis les bastions syriens du groupe jihadiste.

Après avoir clairement fait savoir qu'il préférait voir les Français partis combattre sous la bannière de Daesh être jugés et incarcérés sur place par les Kurdes, le gouvernement français semble progressivement se résoudre à leur retour en raison du retrait des Etats-Unis.

Le département d'Etat américain tente donc de l'inciter dans cette direction, également pour soulager les forces kurdes.

Critiquée par de nombreux alliés mais aussi jusque dans ses propres rangs républicains pour avoir sonné en décembre le départ de manière impromptue, l'administration de Donald Trump tente, par le timing choisi pour cette séquence, de prouver le bien-fondé de sa stratégie.

Daesh vaincu ?

Mardi, le président des Etats-Unis devrait ainsi annoncer, dans son discours annuel sur l'état de l'Union devant le Congrès américain, que 100% des territoires jadis sous le contrôle de Daesh en Irak et en Syrie ont été récupérés. «Nous sommes actuellement à 99%», «nous allons bientôt annoncer 100% du califat», a-t-il encore dit dans une interview télévisée diffusée dimanche.

Une manière de proclamer une victoire sur le groupe jihadiste et de montrer que la mission première des 2.000 soldats américains déployés dans le nord de la Syrie est accomplie.

Mercredi, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo pourra donc évoquer avec les représentants des 78 autres membres de la coalition cette «étape décisive vers la défaite durable» de Daesh, explique le département d'Etat. Ils doivent discuter de «la prochaine phase», après le départ américain, «visant à éviter une ré-émergence de l'EI grâce à l'assistance en matière de stabilisation et de sécurité».

Le président américain avait initialement invoqué la défaite de Daesh pour justifier ce départ. Un argument depuis largement contesté, notamment par le renseignement américain, selon lequel le groupe «contrôle encore des milliers de combattants en Irak et en Syrie» et «continuera à représenter une menace pour les Etats-Unis».

Le retrait américain laisse aussi les FDS seules face à la Turquie, autre allié de Washington au sein de la coalition mais qui a multiplié les menaces d'une offensive en Syrie pour éloigner de sa frontière les combattants kurdes, qu'elle accuse d'être des «terroristes.

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