Election présidentielle américaine 2020 : qui sont les candidats ?

De nombreux candidats sont déjà entrés dans la course à la présidence. De nombreux candidats sont déjà entrés dans la course à la présidence.[Timothy A. CLARY, ANGELA WEISS, CHRIS DELMAS, Joseph PREZIOSO / AFP]

L'élection présidentielle américaine se tiendra le 3 novembre 2020. Si le président Donald Trump a annoncé dès son élection qu'il serait candidat à un second mandat, ses adversaires potentiels commencent à se dévoiler. Voici les candidats déclarés, pour le moment tous démocrates. 

Bernie Sanders

Après avoir disputé jusqu'au bout l'investiture démocrate à Hillary Clinton en 2016, Bernie Sanders a annoncé le 19 février qu'il serait à nouveau candidat. Il fait ainsi figure de grand favori, nombreux étant ceux qui estiment qu'il aurait pu battre Donald Trump s'il avait été le candidat démocrate.

Agé de 77 ans, le sénateur du Vermont, qui défend une «démocratie socialiste», défend la mise en place d'une couverture de santé universelle, d'une université publique gratuite ou encore d'un salaire minimum à 15 dollars (13,3 euros). 

Elizabeth Warren

Elle a été la première à se lancer dans la course à l'investiture démocrate. Le 31 décembre 2018, la sénatrice Elizabeth Warren, 69 ans, s'est présentée devant sa maison de Cambridge (Massachusetts) au côté de son mari, Bruce H. Mann, professeur à Harvard, pour annoncer sa décision. 

Figure de référence du parti démocrate depuis le départ d'Hillary Clinton, elle partait avec une longueur d'avance sur ses concurrents.

Après avoir été professeur de droit, elle a été investie au poste de sénatrice du Massachusetts en 2013, devenant la première femme à occuper cette fonction dans cet Etat.

Deux ans plus tard, elle était désignée parmi les 100 personnes les plus influentes au monde par le magazine Time. 

Devenue l'une des adversaires les plus remarquées de Donald Trump, elle avait été la cible du président américain en juillet 2018, ce denier la surnommant «Pocahontas». Elizabeth Warren avait en effet affirmé avoir des origines amérindiennes. Suite aux attaques de Trump, elle avait publié sur son site internet un test ADN dont les résultats faisaient état «de fortes preuves de l'existence d'ancêtres amérindiens», «remontant à une période comprise entre six et dix générations».

Son programme, proche de celui de Bernie Sanders, se situe résolument à gauche de l'échiquier politique américain. Elle plaide notamment pour le contrôle des banques et de Wall Street, un système de santé universel, un salaire minimum plus élevé et la défense du climat.

Cory Booker

Souvent comparé à Barack Obama, Cory Booker a annoncé sa candidature à l'investiture démocrate le 1er février 2019. Maire de Newark (2006-2013) puis sénateur du New Jersey, âgé de 49 ans, il est considéré comme l'une des étoiles montantes du parti démocrate. 

«L'histoire de notre nation est définie par l'action collective, par les destins entrelacés des esclaves et des abolitionnistes, de ceux qui sont nés ici et de ceux qui ont choisi l'Amérique comme leur maison», a déclaré l'élu dans la vidéo annonçant son entrée en lice. Il y évoque également les difficultés qu'ont rencontré les membres de sa famille en raison de leur couleur de peau, expliquant qu'un groupe d'avocats blancs les avait aidés à défendre leurs droits. «Ils ont changé le cours de ma vie. Parce qu'aux Etats-Unis, le courage est contagieux.»

Connu pour son verbe et ses éclats de rires contagieux, cet ancien footballeur américain avait hérité du surnom de «super-maire» après être entré dans une maison en feu, en 2012, pour sauer une voisine.

Un temps pressenti pour être le colistier d'Hillary Clinton pour les élections en 2016, son parcours rappelle celui de Barack Obama. Fils de cadres d'IBM, il a grandi dans un milieu essentiellement blanc, et a milité pour les droits civiques, menant des actions dans les quartiers pauvres.

Il présente toutefois deux points faibles : sa proximité avec de nombreux grands patrons, qui pourrait le handicaper face à des candidats plus «à gauche», et le fait qu'il soit célibataire. La dernière élection d'un président américain sans épouse remonte à 1884. 

Kirsten Gillibrand

Kisten Gillibrand a annoncé sa candidature à l'investiture démocrate le 15 janvier 2019, devenant la deuxième sénatrice à se déclarer. Née en 1966, elle a suivi une formation de juriste avant de travailler comme avocate pour la firme Philip Morris. 

En 1999, elle rejoint la campagne de la First Lady, Hillary Clinton, qui brigue alors un siège de sénatrice de l'Etat de New York. Elle se fait ensuite élire à la Chambre des Représentants, avant de remplacer Hillary Clinton comme sénatrice de NewYork lorsque celle-ci est désignée secrétaire d'Etat.

Elle est particulièrement engagée en faveur de la cause féministe, et avait estimé que l'ex-président Bill Clinton aurait du démissionner en raison de son comportement envers Monica Lewinsky alors que celle-ci était stagiaire à la Maison Blanche.

Kamala Harris

La sénatrice démocrate Kamala Harris, dont le prénom signifie «fleur de lotus» en sanskrit, a annoncé sa candidature le 21 janvier 2019 sa campagne pour 2020, la même semaine que Shirley Chisholm, première femme afro-américaine à briguer la présidence, il y a quarante-sept ans. Née d'un père Jamaïcain et d'une mère Indienne, elle avait choisi symboliquement le «Martin Luther King Jr Day» pour se déclarer.

Agée de 54 ans, elle se présente comme la candidate de la justice, de la décence et de l'égalité. «Il y a des valeurs que chérissent les Américains, et elles sont toutes menacées à présent», déclare dans la vidéo réalisée pour le lancement de sa campagne. 

Originaire d'Oakland, en Californie, elle a été procureure de San Francisco de 2003 à 2016, avant d'être élue au Sénat en 2016. Elle avait été la première femme et la première afro-américaine à devenir procureure générale de Californie.

Elle s'était notamment faite remarquer lors des auditions des membres de l'administration Trump. Certains de ses échanges avec le candidat à la Cour suprême Brett Kavanaugh était ainsi devenus viraux.

Julian Castro

Cet ancien membre de l'administration Obama âgé de 44 ans s'est lancé dans la course à l'investiture démocrate le 12 janvier 2019. Petit-fils d'une immigrée mexicaine, il rêve de devenir le premier hispanique à accéder à la Maison Blanche.

« Quand ma grand-mère est arrivée ici il y a près de 100 ans, je suis sûr qu’elle n’aurait jamais imaginé que seulement deux générations plus tard, un de ses petits-fils serait un élu du Congrès des États-Unis et l’autre se tiendrait aujourd’hui devant vous pour dire ces mots : je suis candidat à la présidence des États-Unis », a-t-il déclaré devant ses partisans réunis à San Antonio (Texas) pour assister au lancement de sa campagne.

Son histoire personnelle en fait un farouche adversaire de la politique anti-migrants de Donald Trump. «Ce n'est certainement pas de mettre des enfants en cage qui va assurer notre sécurité, a-t-il déclaré. Nous disons non à la construction du mur et oui à la construction de communautés». 

Ancien maire de San Antonio, il avait capté l'attention du pays en devenant en 2012 le premier latino-américain à prononcer un discours lors de la convention nationale démocrate. Barack Obama l'avait intégré dans son équipe une fois élu, le nommant secrétaire au logement. 

Dans la lignée de Barack Obama, Julian Castro est favorable à la mise en place d'une couverture santé universelle, à des investissements dans l'éducation, la protection des minorités et a pris position en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique.

John Delaney

Premier candidat à se déclarer, dès juillet 2017, John Delaney, 55 ans, a quitté son siège de représentant du Maryland au Congrès pour se lancer dans la course.

John Delaney se présente comme un Catholique attaché à la mission de justice sociale de l'Eglise. A la tête d'une fortune personnelle estimée à plus de 50 millions de dollars, il a été en 1995 le plus jeune dirigeant d'une entreprise côtée au New York Stock Exchange. Ce qui ne l'empêche pas de prôner une hausse des taxes sur les entreprises, afin de financer les infrastructures et la couverture santé universelle. Il souhaite également limiter les émissions de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique.

Amy Klobuchar

La sénatrice du Minnesota, Amy Klobuchar, a déclaré sa candidature le 10 février 2019, sous la neige et par - 10°. A 58 ans, ele ne part pas favorite, mais joue sur une candidature «venue du coeur du pays» et sa proximité avec les électeurs. Son autobiographie est ainsi intitulée «sénatrice d'à côté».

La lutte contre le changement climatique, la réforme de l'immigration, en passant par les tragédies «honteuses» causées par un système d'assurance-santé inégalitaire sont autant de thèmes qu'elle a choisi d'aborder lors de son discours annonçant sa candidature.

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Tulsi Gabbard

Agée de 37 ans, Tulsi gabbard s'est lancée dans la course à la présidence le 12 janvier 2019, devenant la deuxième femme à avoir annoncé officiellement son intention de briguer l'investiture démocrate pour la présidentielle 2020.

Elle siège au Congrès, en tant qu'élue de Hawaii, depuis 2013. Elle fut la première américaine d'origine samoane et le premier parlementaire de confession hindouiste à entrer à la Chambre des représentants.

Ancienne militaire, Tulsi gabbard avait été lué à l'Assemblée de hawaii dès l'âge de 21 ans, avant de s'enrolr dans la Garde nationale de l'île. Elle s'était portée volontaire lors d'un déploiement en Irak en 2005 puis en 2009 au Proche-Orient.

Lors de l'annonce de sa candidature, elle a cité comme objectifs majeurs la réforme du système de santé, du système judiciaire et la lutte contre le changement climatique. 

Richard Ojeda

Ancien major de l'aréme américaine, Richard Ojeda, 48 ans, a servi en Irak et en Afghanistan, et a été décoré pour son service.

Ce petit-fils d'immigrés mexicains se présente comme le candidat de la classe ouvrière, ce ui lui a valu d'être qualifié par certains médias américains de «démocrate populiste». Sa sensibilité l'avait convaincu de voter pour Donald Trump en 2016, un choix qu'il a dit regretter. «Je voyais les gens souffrir autour de moi. En Virginie-Occidentale, travailler dans une mine de charbon est la seule opportunité. Et Trump a dit qu’il allait remettre les mineurs au travail. […] Les démocrates ne nous ont pas offert une candidate aux côtés de la classe ouvrière.», a-til expliqué. 

Son objectif est désormais de ramener la classe ouvrière, qui a voté en masse pour Donald Trump, vers les démocrates. 

Pete Buttigeg

A 37 ans, il est le plus jeune des candidats déclarés, avec Tulsi Gabbard. Maire de la petite ville de South Bend (Indiana) depuis l'âge de 29 ans, Pete Puttigeg espère devenir le premier candidat investi ouvertement homosexuel.

«Nous sommes la génération qui a vécu les fusillades dans les écoles, qui a combattu dans les guerres après le 11-Septembre et nous sommes la génération qui est partie pour gagner moins que nos parents à moins que nous changions les choses», a-t-il déclaré en annonçant sa candidature, le 23 janvier 2019. 

Ancien militaire, il avait notamment été déployé en Afghanistan et a été par la suite décoré pour ses services dans le contre-terrorisme.

Andrew Yang

A 44 ans, l'entrepreneur Andrew Yang a décidé de se lancer dans la course à la présidence. Son programme rappelle celui du candidat socialiste Benoît Hamon en 2017, puisqu'il propose un revenu universel de 1.000 dollars par mois pour tout Américain âgé de plus de 18 ans. 

Il met également en avant la menace que représentent selon lui les évolutions technologiques pour l'emploi. «Il est clair à me yeux que les créations d'emplois ne surpasseront pas les destructions massives d'emploi liées à l'automatisation. Ces jours sont terminés», a-t-il notamment déclaré. 

bernie sanders

A 77 ans, le sénateur américain Bernie Sanders devrait annoncer sa candidature dans une vidéo, dont la date de diffusion n'a pas été fixée.

Cet indépendant apparenté au groupe démocrate, était le rival d'Hillary Clinton, lors des primaires en 2016. Lors de cette campagne, l'homme politique qui se présente comme un «démocrate socialiste» avait défendu l'idée d'une couverture de santé universelle, d'une université publique gratuite et d'un salaire minimum à 15 dollars (13,3 euros). 

Il a été élu à la Chambre des représentants de 1990 à 2006, avant de devenir sénateur. Il a été confortablement réélu pour la dernière fois en novembre. 

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