Syrie : les forces antijihadistes se préparent à l'assaut final

Un combattant des Forces démocratiques syriennes surveille des personnes évacuées du dernier réduit du groupe Etat islamique à Baghouz, dans l'est syrien, le 27 février 2019  [Delil SOULEIMAN / AFP] Plusieurs milliers de personnes, des femmes et des enfants notamment, ont déjà quitté cette poche, réduite à moins d'un kilomètre carré. [Delil SOULEIMAN / AFP]

Les forces arabo-kurdes soutenues par la coalition internationale se préparent à l'assaut final contre les jihadistes défendant leur dernier carré dans l'est de la Syrie, leur commandant affirmant jeudi que la victoire serait proclamée bientôt.

Engagées depuis septembre dans une bataille décisive contre cette enclave de Daesh dans la province de Deir Ezzor, les forces démocratiques syriennes (FDS) ont dû suspendre leurs opérations il y a plus de deux semaines pour éviter un bain de sang, accusant les jihadistes d'utiliser les civils comme «boucliers humains».

Plusieurs milliers de personnes, des femmes et des enfants notamment, ont déjà quitté cette poche, réduite à moins d'un kilomètre carré, depuis une semaine.

«Nous souhaitons que les opérations d'évacuation s'achèvent dans les plus brefs délais pour passer à la deuxième étape, celle de la guerre ou de la capitulation des combattants» de Daesh, a déclaré à l'AFP Adnane Afrine, un porte-parole des FDS.

Victoire dans une semaine

«Dans environ une semaine, nous annoncerons notre victoire totale sur Daesh», a déclaré pour sa part le commandant en chef des FDS, Mazloum Kobani, devant quelques uns de ses hommes qui étaient détenus en otages.

Les FDS estiment entre plusieurs centaines et quelques milliers le nombre de personnes encore présentes à l'intérieur du réduit, confiné à quelques pâtés de maisons accolées à un camp informel dans le secteur de Baghouz.

Jeudi, des milliers de civils ont été évacués, selon les FDS, qui contrôlent la majeure partie de Baghouz.

Dans ce village, les FDS ont découvert un charnier contenant des «dépouilles d'hommes ainsi que des têtes coupées de femmes», selon M. Afrine. Leur nombre n'est pas clair et des enquêtes sont en cours pour identifier les dépouilles.

Les jihadistes sont retranchés dans la périphérie Est du village de Baghouz, situé sur la rive orientale du fleuve Euphrate, non loin de la frontière irakienne.

Ils sont encerclés au nord et à l'ouest par les FDS, au sud par les forces prorégime syrien et à l'est par des forces irakiennes.

«Nous attendons depuis longtemps l'arrivée des véhicules pour sortir», raconte à l'AFP Nadia al-Hamid, une Syrienne, au point érigé par les FDS. «Certains combattants de Daesh disent nous voulons mourir ici».

«Il ne reste plus que des "mouhajirat" à l'intérieur», poursuit-elle, en allusion aux étrangères ayant rallié Daesh ou épousé des jihadistes.

Ces dernières semaines, les journalistes de l'AFP ont pu voir ou interroger des femmes sur place originaires, entre autres, de France, d'Allemagne, de Turquie et de Russie.

Des hommes soupçonnés d'être des membres du groupe Etat islamique attendent d'être fouillés par les combattants des Forces démocratiques syriennes, après avoir quitté le dernier réduit de l'EI à Baghouz, dans l'est syrien, le 27 février 2019 [Bulent KILIC / AFP]
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Des hommes soupçonnés d'être des membres du groupe Etat islamique attendent d'être fouillés par les combattants des Forces démocratiques syriennes, après avoir quitté le dernier réduit de l'EI à Baghouz, dans l'est syrien, le 27 février 2019

 

Certaines racontent avoir maintes fois tenté de fuir.

Mais depuis une semaine, Daesh autorise, selon divers récits d'évacués, les personnes qui le souhaitent, notamment les femmes et les blessés, à quitter l'enclave.

Mercredi, 15 camions transportant des centaines de personnes ont atteint la position des FDS, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Parfois en béquille ou en chaise roulante, les blessés ont débarqué par centaines ces derniers jours. Après les fouilles, destinées à identifier les jihadistes dissimulés parmi la foule, les FDS transfèrent femmes et enfants vers le camp de déplacés d'Al-Hol, plus au nord. Les jihadistes présumés sont envoyés dans des centres de détention.

A leur arrivée, les évacués sont souvent épuisés et affamés, les femmes cherchant à la ronde nourriture, eau et couches pour enfants.

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