Les deux hommes qui accusent Michael Jackson d'abus sexuels témoignent à nouveau

James Safechuck (à gauche) et Wade Robson (à droite) apparaissent dans le documentaire «Leaving Neverland»[[Capture d'écran CBS This Morning]]

Quelques jours avant la diffusion du documentaire choc «Leaving Neverland» à la télévision américaine, James Safechuck et Wade Robson, qui accusent tous deux le célèbre chanteur Michael Jackson d'abus sexuels, se sont exprimés pour la première fois à la télévision.

Le documentaire avait été diffusé en avant-première le samedi 26 janvier au Broadway Center Cinema, pendant le festival Sundance. Le témoignage de James Safechuck, 40 ans, et de Wade Robson, 36 ans, avait provoqué une véritable onde de choc. Le 3 et le 4 mars prochain, tous les spectateurs de la chaîne américaine HBO pourront à leur tour visionner ce documentaire de 236 minutes. 

L'histoire de deux fans

A l'occasion de cette diffusion sur le petit écran, les deux hommes ont accordé leur toute première interview à l'émission CBS This Morning, racontant que dès leur plus jeune âge, ils étaient de grands fans de Michael Jackson. Ce dernier avait rencontré Wade Robson, jeune danseur talentueux, en Australie, et James Safechuck au cours du tournage d'une publicité Pepsi vers la fin des années 1980. Les deux enfants avaient par la suite été invités au Ranch de Neverland. 

«C'était le lieu le plus magique que j'avais vu», a expliqué le chorégraphe australien Wade Robson à la journaliste Gayle King. «Le premier soir, Michael [...] nous a dit à ma sœur et à moi 'Vous pouvez dormir dans la maison des invités, ou avec moi si vous le souhaitez'. Et ma réaction fut 'Bien sûr, je veux rester avec toi'», s'est-il souvenu. 

«Après une autre nuit, ma famille était sur le point de partir pour aller visiter le Grand Canyon. J'étais dévasté à l'idée de quitter Michael. Michael était dévasté. Il a même pleuré». Si bien que les parents du petit Wade ont finalement accepté qu'il reste une semaine de plus. C'est à ce moment-là que le cauchemar aurait commencé.

Un mode opératoire bien rôdé

«Il a commencé à me toucher, des gestes comme une main sur la jambe, plein de câlins, des bisous sur le front, me frotter la main... C'est ce genre d'intimité physique qu'il y a eu, comme avec un père. C'était génial [...] Après la première ou la deuxième nuit, Michael a commencé à toucher mes jambes, puis mon entrejambe par-dessus mes sous-vêtements. Il a ensuite pratiqué du sexe oral, et m'a montré comment le faire. Et il me disait 'Dieu nous a rassemblés. Nous nous aimons... C'est ainsi que nous nous prouvons notre amour'», a déclaré Wade Robson, tandis que James Safechuck acquiesçait. 

«Il m'a initié à la masturbation... Il me disait que je lui avais appris à faire le 'French kiss'... Puis il est passé au sexe oral», a poursuivi James Safechuck. «Dans ce contexte d'amour, de lien proche... Il n'y avait aucun signal d'alarme dans ma tête, aucun sentiment de ce genre. C'était vraiment juste 'J'aime cette personne et on va se rendre heureux'. Et il me disait que j'étais son premier. Mais même en tant qu'enfant, on ignore ce que cela signifie... Donc vous êtes amants et meilleurs amis». 

Tous deux sont convaincus que beaucoup d'autres personnes ont été dans leur situation. «Je ne m'attends pas à ce qu'ils en parlent comme je le fais. C'est tellement difficile. D'en parler», a avoué James Safechuck. 

Deux camps, deux versions

Face à ces accusations, la famille Jackson a dénoncé les «mensonges» de Wade Robson et de James Safechuck, les qualifiant d'«opportunistes». «C'est la vérité», s'est défendu l'Australien. «Si je n'avais pas eu un fils, j'aurais sûrement gardé le silence [...] Mais j'ai commencé à avoir des visions de ce qui s'est passé, comme si ça arrivait à mon fils. J'ai vu Michael faire ça à mon fils», a-t-il poursuivi. Ils assurent ne pas avoir perçu de compensation financière pour avoir participé au documentaire. 

Les accusations de pédophilie pèsent sur les épaules de Michael Jackson depuis 1993. En 2005, au cours d'un procès, Wade Robson avait témoigné en faveur du chanteur, assurant qu'il n'y avait rien de sexuel entre eux. Un témoignage qu'il dit aujourd'hui regretter, précisant toutefois qu'à l'époque, il n'était pas encore prêt. 

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