Plaintes contre un nonce accusé d'attouchements sexuels : le Vatican doit prendre ses «responsabilités»

Diplomate de carrière du Vatican, Mgr Ventura est en poste depuis 2009 à Paris. Il est chargé des relations du Saint-Siège avec les autorités françaises d'une part et avec les évêques de France d'autre part.[REMY GABALDA / AFP]

La ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau a déclaré vendredi sur CNEWS que le Vatican devait prendre «ses responsabilités» après les accusations d'attouchements sexuels portées contre son représentant en France. D'autre part, une troisième plainte contre lui a été déposé, cette fois-ci au Canada.

La ministre était interrogée sur une éventuelle levée de l'immunité diplomatique du nonce apostolique, Mgr Luigi Ventura, ambassadeur du Vatican en France. 

Deux plaintes ont été déposées en France contre ce prélat italien de 74 ans pour des faits d'attouchements sexuels. Une troisième plainte a été déposée au Canada, a-t-on appris jeudi.

Les faits se seraient déroulés le 26 juillet 2008 au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, à l'est de Québec, selon le site canadien Présence, qui a révélé l'existence de la plainte. La victime présumée était âgée de 32 ans au moment des faits, et était membre de l'équipe pastorale. Il agissait comme serveur pour la table d'honneur d'un grand banquet auquel le nonce avait été convié pour la fête de sainte Anne. C'est à cette occasion que Mgr Luigi Ventura lui aurait touché les fesses à au moins deux reprises, a-t-il confié au site spécialisé en information religieuse.

Il a déposé plainte à Ottawa après avoir appris que Mgr Ventura était visé par des accusations semblables en France. Le nonce en poste dans la ville canadienne, Mgr Luigi Bonazzi, l'a appelé le jour même pour en discuter avec lui.

Jeudi dans Libération, trois hommes - dont les deux personnes ayant porté plainte en France - qui accusent le nonce d'agressions sexuelles ont réclamé la levée de son immunité diplomatique pour que l'enquête puisse se poursuivre normalement.

«A ce stade, il bénéficie de l'immunité diplomatique»

«Si les faits sont avérés, ce sont des faits particulièrement graves parce que quand on est une autorité religieuse, on est souvent supposé être une autorité morale, donc je dirais que c'est un facteur aggravant», a souligné vendredi Nathalie Loiseau.

«A ce stade, il bénéficie de l'immunité diplomatique mais le Saint-Siège est évidemment au courant des accusations graves qui sont portées contre le nonce apostolique et je ne doute pas une seconde que le Saint-Siège prendra la bonne décision», a ajouté la ministre.

Compte tenu de leur immunité de juridiction, les diplomates n'ont pas, en principe, à comparaître devant les juridictions françaises en matière pénale, civile et administrative, explique le ministère français des Affaires étrangères sur son site.

Ainsi, cette immunité ne peut être levée que par le pays que l'ambassadeur représente. L'Etat français peut de son côté déclarer «persona non grata» un représentant étranger qui doit alors être rappelé dans son pays.

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