Le mollah Omar vivait à 5 kilomètres d'une base américaine

Pour Washington, le mollah Omar était réfugié au Pakistan voisin. [Mollah Omar / JAVED TANVEER / AFP].

Le livre-enquête de la journaliste néerlandaise Bette Dam, longtemps en poste en Afghanistan, révèle que le mollah Omar, figure historique des talibans, a vécu caché pendant plusieurs années... à cinq kilomètres seulement d'une base américaine, située dans le sud du pays.

Selon l'ouvrage, intitulé «A la recherche d'un ennemi», l'un des hommes les plus recherchés au monde, aujourd'hui décédé, a ainsi vécu des années durant en ermite, refusant de rencontrer sa famille, cela dans le but d'échapper à la vigilance des quelque 1.000 militaires américains et britanniques présents aux alentours.

Or, pour Washington, qui avait promis une récompense de 10 millions de dollars pour sa capture, soit environ 9 millions d'euros, le mollah Omar était réfugié au Pakistan voisin.

Mais, au lieu de cela, toujours selon l'auteure qui dit avoir interrogé des dizaines de chefs talibans, ainsi que le garde du seigneur de guerre, ce dernier est bel et bien resté sur place en Afghanistan où, à la chute en 2001 du régime taliban, le mollah Omar avait transmis son pouvoir à un autre cadre du mouvement, après cinq années à la tête du pays, pour se reconvertir en une sorte de chef spirituel.

Il manque d'être arrêté à deux reprises

Dans l'intervalle, les forces américaines ont d'ailleurs manqué de le capturer à deux reprises, affirme Bette Dam. La première fois, il se serait caché derrière un tas de bois alors qu'une patrouille passait. La seconde, des troupes étrangères auraient fouillé toute sa cachette, sauf la chambre dans laquelle il se trouvait.

Alors que la base Lagman était en construction en 2004, à quelques centaines de mètres de son refuge, il a ensuite changé de cachette, toujours dans la province de Zaboul. Mais peu après, une seconde base, appelée Wolverine, a été érigée à 5 kilomètres de son repaire.

Pourtant, malgré sa crainte d'être attrapé, le mollah Omar n'en a jamais bougé, s'aventurant rarement à l'extérieur et se cachant souvent dans des tunnels, lorsque les avions américains bombardaient, peut-on lire dans le livre dont un résumé en anglais est disponible sur le site du Zomia Center (un centre de recherche américain),

La figure historique des talibans aurait passé son temps à écouter les nouvelles sur la BBC en langue pachtou jusqu'à sa mort en 2013. Ses proches ont ensuite gardé son décès secret pendant deux ans.

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