Quelle issue pour le Brexit ?

A moins de trois semaines de la date de Brexit, initialement prévue le 29 mars, le doute demeure quant au scénario de la sortie. A moins de trois semaines de la date de Brexit, initialement prévue le 29 mars, le doute demeure quant au scénario de la sortie. [ISABEL INFANTES / AFP]

Le Parlement britannique doit décider ce mardi 12 mars s’il valide l’accord de Brexit souhaité par Theresa May, mais plusieurs scénarios se profilent.

Une sortie plus qu’incertaine. Une séquence décisive pour l’avenir du Brexit va s’ouvrir ce mardi à Londres, à moins de trois semaines du divorce prévu avec l’UE, qui doit être effectif le 29 mars. Après avoir rejeté mi-janvier l’accord de retrait négocié par Theresa May avec Bruxelles, les députés britanniques sont invités à décider de la suite à donner au processus, à l’occasion de trois votes, d’ici à ce jeudi 14 mars. Près de trois ans après le référendum qui a entériné la sortie du Royaume-Uni, l’issue de ce dossier paraît plus proche que jamais. Mais quatre scénarios se dessinent.

Un accord approuvé et une sortie maîtrisée

C’est le plan dont rêve Theresa May. Si son texte est approuvé par les parlementaires, lors du vote prévu ce mardi 12 mars, cela ouvrirait la voie à un Brexit ordonné, sans rupture des liens avec l’UE. Le compromis aurait ensuite seulement à être ratifié par les institutions britanniques et européennes, ce qui ne devrait pas poser de problème. La date du Brexit devrait simplement être décalée de quelques semaines, pour avoir le temps de mener toutes les démarches techniques.

Puis s’ouvrirait une période de transition, au moins jusqu’au 31 décembre 2020, durant laquelle tout fonctionnera comme avant, le temps que Londres et Bruxelles se mettent d’accord sur leur relation future. Mais cette hypothèse paraît improbable. L’UE a en effet refusé toutes les demandes de Theresa May de rouvrir les négociations sur l’accord, après son rejet par le Parlement le 15 janvier. La Première ministre ne devrait donc pas avoir grand-chose de nouveau à présenter aux députés ce mardi. «Il est inévitable que cet accord de retrait inchangé sera rejeté une nouvelle fois», ont ainsi déclaré deux élus conservateurs dans le Sunday Telegraph.

Une sortie sans accord amenant une rupture brutale

Si le traité de retrait est rejeté par le Parlement, Theresa May a prévu de demander ce mercredi 13 mars aux députés s’ils veulent une sortie sans accord. Mais il y a peu de chances que cette option obtienne leur aval, car c’est l’hypothèse que veulent éviter à tout prix Londres comme Bruxelles.

En cas de «no deal», les relations économiques entre les deux parties seraient en effet soumises aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), plus strictes que celles du marché unique européen. Des contrôles douaniers devraient être mis en place en urgence aux frontières du Royaume-Uni. Pénuries de médicaments, embouteillages monstres aux frontières, avions cloués au sol... Les conséquences pourraient être désastreuses des deux côtés de la Manche.

Un report du Brexit jusqu’à la fin du mois de juin

Dans le cas où l’accord de Theresa May et le «no deal» étaient refusés, les parlementaires voteraient ce jeudi 14 mars sur un report «limité» du Brexit. Une option qui était pourtant totalement écartée par Theresa May il y a encore quelques semaines. Si elle est approuvée par le Parlement britannique, elle devra ensuite être validée par les 27 Etats membres de l’UE, sans doute lors du sommet européen des 21 et 22 mars.

Ils pourraient être favorables à cette option, mais pas à n’importe quel prix. «Nous ne pourrons en aucun cas accepter une extension sans une perspective claire sur l’objectif poursuivi», a ainsi déclaré Emmanuel Macron. De plus, ce report ne pourrait pas aller au-delà du 2 juillet, jour de la session inaugurale du nouveau Parlement européen, issu des élections européennes de mai prochain. Sinon, les Britanniques seraient contraints d’organiser un scrutin, alors qu’il n’était pas prévu que ce soit le cas.  

Un rejet des solutions et un retour à zéro

Les trois possibilités présentées par Theresa May pourraient être rejetées par les députés. Dans ce cas-là, le Labour, principal parti d’opposition, pourrait pousser pour un second référendum. Une option à laquelle s’est rangé son leader, Jeremy Corbyn, mais qui reste exclue par la Première ministre.

Une autre hypothèse pourrait être la convocation d’élections législatives anticipées, après l’adoption d’une motion de censure contre Theresa May ou bien sur décision de la locataire du 10 Downing Street.

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