Poutine promulgue deux lois contre les «fake news» et les «offenses à l'Etat»

Les défenseurs des droits de l'Homme y voient des risques de censure et de menaces sur la liberté d'expression. [ALEXEY NIKOLSKY / SPUTNIK / AFP]

Le président russe Vladimir Poutine a promulgué ce lundi 18 mars deux lois controversées, l'une permettant aux autorités de bloquer ou d'infliger des amendes aux médias sur Internet diffusant des «fausses nouvelles» et l'autre punissant les «offenses aux symboles de l'Etat».

La publication officielle de ces lois, votées début mars par les députés, intervient malgré les protestations des défenseurs des droits de l'Homme qui y voient des risques de censure et de menaces sur la liberté d'expression.

Une loi polémique

La première loi punit les «fausses informations socialement significatives et diffusées comme de vraies informations» qui créent une «menace pour la sécurité» du public ou de l'Etat ou pouvant «mener à des troubles massifs». Ce sera aux procureurs de déterminer ce qui constitue une «fake news» et de donner au gendarme russe des médias, Roskomnadzor, le pouvoir d'exiger sa suppression sous peine de blocage.

La loi prévoit aussi une amende pouvant s'élever à 1,5 million de roubles (20.500 euros).

La seconde loi punit les «offenses aux symboles de l'Etat» et permet à Roskomnadzor de bloquer les contenus faisant preuve d'«irrespect» envers les autorités.

La promulgation de ces deux lois intervient le jour où la Russie célèbre le cinquième anniversaire de l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée, condamnée par la communauté internationale.

Les autorités n'ont cessé ces dernières années de renforcer leur pression sur l'Internet russe, bloquant des contenus et des sites internet liés à l'opposition, mais aussi des services qui refusaient de coopérer avec elles tels que la plateforme vidéo Dailymotion, le réseau social LinkedIn et la messagerie Telegram.

Les députés russes étudient par ailleurs un projet de loi prévoyant la création d'un «internet souverain» capable de fonctionner de manière indépendante en cas de coupure du pays des grands serveurs mondiaux. Les détracteurs de ce projet disent redouter un Internet «à la chinoise», sous le contrôle des autorités.

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