La semaine de Philippe Labro : Trump regagne l’Amérique, «Zadig» séduit la France

«La réélection de Donald Trump en 2020 devient plausible», pense Philippe Labro.[AFP]

Philippe Labro est écrivain, cinéaste et journaliste. Chaque vendredi, pour CNEWS, il commente ce qu'il a vu, vécu et observé pendant la semaine. Un bloc-notes subjectif et libre.

MERCREDI 27 MARS

Ce sera une chronique sous forme de carnet de notes.

Trump a-t-il définitivement gagné ? En politique, rien n’est jamais acquis, mais cette «bombe nucléaire», que devait être le rapport Mueller sur les étranges liens entre le président des Etats-Unis et la Russie, n’ayant pas explosé, Donald Trump, qui sait y faire en matière de communication, se répand à la télé et sur Twitter, en triomphant et fustigeant les vilains démocrates. Il est vrai qu’il remporte une solide victoire en termes d’image et que sa réélection en 2020 devient plausible. Seul bémol : ce fameux rapport Mueller. On n’en connaît pas encore, à ce jour, le contenu détaillé. Il y est dit que Trump n’est pas «exonéré» de certaines accusations. Il y aurait donc peut-être du grain à moudre pour ses opposants. Mais le POTUS (acronyme de President of The United States) a repris la main.

«Zadig». Eric Fottorino a décidé de créer un trimestriel intitulé Zadig qui, à coups de longs articles, veut «rendre lisible un pays illisible : la France». C’est riche en enquêtes et reportages, sur le terrain, aux quatre coins du pays, en entretiens (avec l’historienne Mona Ozouf, remarquable de lucidité) et en illustrations originales.On découvre la vie d’une infirmière entre Dunkerque et Calais, celle d’un enseignant à Cagnes-sur-Mer, des infographies sur les inégalités de revenus, une déclaration d’amour à notre pays de l’écrivain anglais William Boyd («Les Français ont tout compris au concept de la qualité de la vie, de la tâche quotidienne de se rendre l’existence plus douce»). Succès immédiat. Sorti le 21 mars dernier, et disponible en kiosque, Zadig, avec un premier tirage de 70 000 exemplaires, a déjà été réimprimé à 20 000 exemplaires.

Violence. Avec les forains du Mans qui saccagent le centre-ville, s’assoient sur les rails de la gare pour paralyser le trafic, avec le souvenir tout récent des «black blocs» détruisant les Champs-Elysées, avec des gilets jau­nes qui tronçonnent des platanes sur les routes de Provence, avec les agressions contre les Roms, on a la décourageante sensation qu’une épidémie de violence est en train de gagner la société. On me rétorquera qu’il ne faut pas oublier, dans l’énumération de ces divers faits, l’incident survenu à Nice : cette militante de 73 ans, Geneviève Legay, tombée au sol lors d’une manifestation interdite et d’une charge des forces de l’ordre. Non, je n’oublie pas, et il faudra que toute la lumière soit faite.

Fromanger. Au musée Marmottan, à Paris, où sont exposées les œuvres du génial Monet, ainsi que celles d’autres grands impressionnistes (Caillebotte, Pissarro…), on peut voir, depuis le 25 mars, une initiative originale et fascinante, celle d’une sorte de dialogue entre un peintre résolument moderne, Gérard Fromanger, souvent défini comme le «peintre de la rue» et les maîtres d’autrefois. Comment une œuvre aussi célèbre qu’Impression, soleil levant de Claude Monet, datant de 1872, peut-elle trouver sa réponse en 2019 avec un autre «soleil levant», celui peint par Fromanger ? Il suffit d’aller voir cette exposition, qui dure jusqu’en septembre, pour comprendre l’audace et l’intelligence de ce «dialogue inattendu».

Ça va mieux. Ce n’est pas moi qui le dis, mais l’Insee, qui vient de publier un bilan de santé de l’économie française. Le climat des affaires, calculé par cet institut, a repris un point en mars. La croissance est à 1,6 – c’est mieux qu’en Allemagne. Ce qui, selon Jean-Francis Pécresse dans Les Echos, apporte un «démenti aux déclinistes». Dans le même journal, Renaud Honoré livre cette formule : «Ce n’est pas Waterloo, mais ce n’est pas Arcole non plus.»

Football. Décidément, Didier Deschamps est un coach d’exception et les Bleus sont bons. Le test sérieux, cependant, ce sera la Turquie, en juin.

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