L’Irak propose de juger les jihadistes étrangers, contre près de 2 milliards d’euros

De nombreux européens ayant fait allégeance à Daesh ont été capturés.[Delil SOULEIMAN / AFP]

Les pays d’origines des jihadistes «ont un problème, nous avons une solution». L'Irak a proposé la semaine dernière aux Etats membres de la coalition internationale de juger leurs ressortissants soupçonnés d'avoir rejoint Daesh.

En échange, les responsables gouvernementaux indiquent demander «deux milliards de dollars», soit 1,8 milliard d’euros. De quoi couvrir les frais entraînés par leur détention. Si détention il y a…

Car l’Irak a déjà condamné à mort de très nombreux jihadistes étrangers. D’autres ont été mis en prison, et y resteront à perpétuité. Ce sera peut-être le cas pour douze Français, que la justice du pays jugera prochainement, après avoir été transférés depuis la Syrie (elle estime en avoir le droit, puisque le territoire de Daesh, à son apogée, s’étendait à cheval sur les sols syriens et irakiens).

une question très sensible dans l'opinion poublique

Aucune réponse n’a pour le moment été formulée de la part des pays de la coalition. Car cette option se heurte à la question de la peine de mort, refusée par l'Union européenne, dont des dizaines de ressortissants sont actuellement détenus par les Kurdes de Syrie.

La question du retour dans leurs patries d'origine de ces jihadistes est très sensible pour les opinions publiques. Paris, par exemple, n'a jusqu'ici pas mis en œuvre le plan de rapatriement, révélé par la presse, de ceux détenus en Syrie et de leurs familles. Le gouvernement l’a seulement présenté comme une «hypothèse» de travail.

Selon un sondage, paru le 28 février, 82 % des Français estiment que l’exécutif a raison de laisser l’Irak juger leurs compatriotes soupçonnés d’avoir rejoint Daesh. Ils sont même 67 % à estimer qu’il faut laisser Bagdad et son voisin syrien s’occuper des enfants de jihadistes, plutôt que de les faire revenir sur le territoire national.

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