Brexit : que sont devenus les acteurs du référendum de 2016 ?

Nigel Farage, David Cameron et Boris Johnson ont été des acteurs majeurs de la campagne du référendum sur le Brexit de juin 2016, dans le camp du «Remain» ou dans celui du «Leave». Nigel Farage, David Cameron et Boris Johnson ont été des acteurs majeurs de la campagne du référendum sur le Brexit de juin 2016, dans le camp du «Remain» ou dans celui du «Leave». [DANIEL LEAL-OLIVAS, Scott Heppell / AFP]

Le 23 juin 2016, soit il y a plus de deux ans et demi, les Britanniques votaient à 51,9 % pour sortir de l'UE. Un véritable tremblement de terre pour le Royaume-Uni comme pour l'Union. Depuis lors, les acteurs de la campagne ont emprunté des chemins bien différents.

David Cameron

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David Cameron lors d'une rencontre avec le Premier ministre chinois Li Keqiang, à Pékin, en Chine, le 27 novembre 2018 (©JASON LEE / POOL / AFP).

C'est de lui que le référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne est venu. En janvier 2013, David Cameron, alors Premier ministre, annonce la tenue d'une telle consultation en cas de victoire de son parti conservateur aux élections générales de 2015. Une manière de résoudre une fois pour toutes la querelle entre europhiles et eurosceptiques au sein de sa formation et d'endiguer la montée du parti europhobe Ukip.

Les «tories» remportent le scrutin, ce qui entraîne la convocation du référendum promis. David Cameron, qui fait campagne pour le maintien de son pays dans l'UE, est persuadé que le Brexit va être rejeté. Une mauvaise intuition, qui pousse le Premier ministre à démissionner après l'annonce de la victoire du «Leave».

Depuis, l'ex-dirigeant conservateur, qui a également quitté son poste de député en 2016, se fait discret dans les médias. Il est en pleine rédaction de ses mémoires, qui devraient être publiés cet automne, peut-être avant la date du Brexit prévue le 31 octobre. Pour ce livre, l'homme politique de 52 ans a décroché un contrat extrêmement lucratif avec un éditeur, estimé à 800.000 livres, soit environ 920.000 euros. A côté de cela, David Cameron dispense des conférences pour l'agence américaine Washington Speakers Bureau, ses tarifs allant jusqu'à 140.000 euros de l'heure.

Boris Johnson

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Boris Johnson lors du débat sur le second vote sur l'accord de Brexit de Theresa May, à la Chambre des Communes, à Londres, le 12 mars dernier (©PRU / AFP).

Boris Johnson était l'un des principaux porte-drapeaux du camp des pro-Brexit lors de la campagne pour le référendum de 2016. Alors maire de Londres, le conservateur fait à l'époque campagne contre son propre parti, pariant sur une démission de David Cameron si le «Leave» l'emporte. Sa prédiction est la bonne, mais il n'avait pas prévu que son ami et allié eurosceptique Michael Gove, alors ministre de la Justice, décide lui aussi de se lancer dans la course au poste de Premier ministre. Boris Johnson annonce donc finalement fin juin qu'il renonce à briguer la succession de David Cameron, laissant le champ libre à Theresa May.

Il est malgré tout nommé ministre des Affaires étrangères par la toute nouvelle Première ministre en juillet 2016, avant de démissionner en juillet 2018, étant en désaccord avec la stratégie de la dirigeante sur le Brexit. Fervent partisan d'un divorce «dur», le député a tout de même consenti à voter pour l'accord de retrait de la locataire du 10, Downing Street, le 29 mars dernier, lors du troisième vote du texte, qui a tout de même été une nouvelle fois rejeté. Il avait pourtant estimé peu de temps avant que ce compromis était un «désastre».

Mais ce qui a fait changer d'avis le charismatique «Bojo», 54 ans, c'est la promesse de Theresa May de démissionner en cas d'approbation de son traité de retrait par les parlementaires. En effet, il n'a pas abandonné son rêve de s'installer à Downing Street. Il fait justement partie des favoris à la succession de la Première ministre selon les bookmakers, en compagnie du chef du parti travailliste Jeremy Corbyn et de... Michael Gove.

Nigel Farage

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Nigel Farage lors du lancement de son nouveau parti, le Parti du Brexit, à Coventry, en Angleterre, le 12 avril dernier (©Oli SCARFF / AFP).

La victoire du «Leave» lors du référendum de juin 2016 a été la consécration de sa carrière politique. Chef du parti eurosceptique Ukip («United Kingdom Independence Party» en anglais, «Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni» en français) lors de la campagne il y a deux ans et demi, Nigel Farage a été l'une des grandes figures du camp pro-Brexit, même s'il a été un peu éclipsé par Boris Johnson.

Considérant avoir «atteint son objectif», après avoir milité pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE depuis son accession à la tête de l'Ukip en 2006, il quitte la présidence de son parti juste après l'annonce de la victoire du Brexit, début juillet 2016. En décembre 2018, il surprend de nouveau tout son monde en annonçant son départ de l'Ukip, estimant que celui-ci n'est pas capable de mener le Royaume-Uni vers la sortie de l'UE.

Le politicien de 55 ans est aujourd'hui de retour sur le devant de la scène, avec son nouveau parti, le «Parti du Brexit» («Brexit Party»). Ce vendredi 12 avril, celui qui occupe le poste de député européen depuis 1999 a officiellement lancé son mouvement. Il participera aux élections européennes fin mai, si le Royaume-Uni est contraint d'y prendre part. Alors que le Brexit vient d'être reporté jusqu'au 31 octobre, Nigel Farage accuse le gouvernement de «trahir» la volonté des Britanniques. Il a expliqué qu'il n'avait d'autre choix que de se lancer dans la course, dans le but avoué de «finir la boulot».

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