Dons, emplois, dattes... L'économie du Ramadan

Plus de 1,8 milliard de musulmans vont débuter le ramadan le 6 mai Plus d'1,8 milliard de musulmans vont vivre le ramadan le 6 mai[BANDAR ALDANDANI / AFP]

Le 6 mai marquera le début du Ramadan en France, ainsi que dans la majeure partie du monde, même si cette date varie parfois d'un ou deux jours. Cette célébration est l'un des moments forts du calendrier musulman, et concerne plus d'1,8 milliard de fidèles à travers le monde, selon les chiffres les plus récents.

La période est d'autant plus mondiale que 49 pays sont composés en majorité de musulmans, notamment en Asie et au Moyen-Orient. Ils vont entamer un mois de jeûne, mais aussi, et surtout, un mois de dons aux plus pauvres. Selon la tradition, chaque musulman qui le peut doit donner une partie de ses revenus, environ 2,5%, aux associations caritatives ou aux plus pauvres.

Cette tradition, qui est l'un des cinq piliers de l'Islam, à un nom : la zakat (l'aumône). Le montant global de ces donations est difficile à situer, mais les économistes estiment qu'entre 200 millions et 1 milliard de dollars sont ainsi versés chaque année. Une petite fortune qui profite notamment aux associations venant en aide aux musulmans à travers le monde, comme au Yémen ou à Gaza.

Selon certains économistes, ces festivités entraînent également des manques à gagner économiques importants pour les pays concernées. En effet, la fatigue du jeûne peut déconcentrer les travailleurs. À tel point que dans certains pays, comme Oman, le temps de travail est souvent raccourci. Dans le petit sultanat, la journée ne doit pas dépasser six heures. 

Sur ce sujet, Samer Sunnuqrot, économiste jordanien, a expliqué à la BBC que la productivité pouvait diminuer jusqu'à 50% chez les travailleurs. De quoi affecter l'économie des pays concernés à hauteur de 20%, selon certains. Mais ce chiffre, difficile à estimer, est sujet à controverse dans la communauté des économistes. 

Des dattes à foison

Mais si certains pans de l'économie sont affectés, d'autres sont au contraire boostés. À commencer par celui de la datte. Car selon la tradition, les musulmans rompent le jeûne avec ces fruits très sucrés. La demande est donc toujours importante, et selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, la production annuelle atteignait les 8 166 000 tonnes en 2017. Un chiffre qui dépasse largement la production d'avocat par exemple (estimée aux alentours de 5 millions de tonnes) et qui ne cesse d'augmenter au fil des ans.

Dans certains pays, le marketing s'est d'ailleurs emparé des dattes du Ramadan. Elles peuvent se retrouver renommées en fonction d'événements importants survenus dans l'année. Ainsi, en 2009, il était possible d'acheter des dattes Obama après la visite du président américain en Égypte.

 

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