Royaume-Uni : où en est le Brexit ?

Theresa May pourrait proposer à l'opposition travailliste un Brexit plus «doux», prévoyant un maintien temporaire dans l'union douanière avec l'UE. Theresa May pourrait proposer à l'opposition travailliste un Brexit plus «doux», prévoyant un maintien temporaire dans l'union douanière avec l'UE. [Tolga AKMEN / AFP]

Un feuilleton sans fin ? Après avoir été repoussé au 31 octobre, le Brexit ne connaît toujours pas son issue. Les négociations entre le gouvernement de Theresa May et l'opposition travailliste pour trouver un accord de sortie ont repris ce mardi 7 mai dans l'après-midi.

Selon plusieurs médias britanniques, la Première ministre pourrait proposer au Labour un Brexit plus «doux», prévoyant que le Royaume-Uni reste de façon temporaire dans l'union douanière avec l'UE après le divorce, jusqu'aux prochaines élections générales outre-Manche, prévues en 2022. Une vraie concession pour Theresa May, sachant que l'union douanière faisait partie de ses lignes rouges. Cette nouvelle mouture de l'accord contiendrait également un alignement des droits des travailleurs européens et britanniques.

Mais pas sûr que les travaillistes acceptent cette offre. En effet, selon The Guardian, les deux tiers des députés du Labour refuseraient de soutenir cet accord s'il n'ont pas la garantie qu'il sera ensuite soumis à un nouveau référendum. Une hypothèse qui paraît difficilement imaginable, étant donné que Theresa May y est totalement opposée. Sans compter que le Labour pourrait trouver un intérêt politique à refuser le plan de la locataire du 10 Downing Street et à laisser les Tories dans l'embarras.

Vers de nouveaux votes indicatifs au Parlement ?

Les difficultés pour la dirigeante britannique pourraient également venir de son propre parti. Voyant le maintien - même provisoire - dans l'union douanière comme une trahison des promesses de Theresa May, plus d'une centaine de députés conservateurs, partisans d'un Brexit «dur», pourraient bloquer le texte selon The Times.

Si les discussions entre les Tories et le Labour échouent, des votes indicatifs au Parlement britannique, portant sur les différents scénarios possibles du Brexit, pourraient avoir lieu, peut-être même dès la semaine prochaine. Deux séries de votes de ce type ont déjà eu lieu fin mars et début avril. A chaque fois, toutes les options ont été rejetées par les députés (union douanière, second référendum, sortie sans accord...).

Theresa May sur la sellette

Theresa May mènera-t-elle les négociations jusqu'à son terme ? Rien n'est moins sûr. La Première ministre doit rencontrer ce mardi Sir Graham Brady, président du Comité 1922 (le groupe parlementaire conservateur à la Chambre des Communes). Ce dernier va lui demander le calendrier précis de son départ - qui aura lieu après les élections européennes -, alors que la dirigeante avait annoncé fin mars qu'elle démissionnerait en cas d'approbation de son accord avec les députés. Une concession qui n'avait pas suffi à convaincre les parlementaires, qui avaient rejeté son texte une troisième fois quelques jours plus tard.

Un groupe de militants conservateurs influent doit par ailleurs organiser un vote de confiance le 15 juin prochain. Même s'il n'est pas contraignant, il risque de fragiliser encore un peu plus Theresa May. Celle-ci n'en a pas besoin, elle qui apparaît de plus en plus sur la sellette, notamment après l'annonce ce mardi 7 mai de la tenue d'élections européennes au Royaume-Uni le 23 mai prochain. La Première ministre avait assuré qu'elle ferait tout pour éviter que ce scrutin soit convoqué. Raté.

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