Corrida : un matador fait polémique après avoir essuyé les larmes de sang d'un taureau

Le matador Morante de la puebla, photographié ici en septembre 2018, a indigné les opposants de la tauromachie. [CRISTINA QUICLER / AFP].

Morante de la Puebla, un célèbre matador espagnol, a suscité une vive polémique, lorsque, lors d'une corrida, il a essuyé les larmes d'un taureau ensanglanté, qu'il a ensuite tué.

La scène se passe le 10 mai dernier dans les arènes de la Real Maestranza à Séville, dans la région de l'Andalousie, au sud de l'Espagne, lors d'un festival de tauromachie.

Sur les images partagées sur Twitter, on voit ainsi Morante de la Puebla, 39 ans, retirer un mouchoir en papier avec sa main trempée de sang pour essuyer les larmes de l'animal, gravement blessé et mourant. 

Le taureau, quatre «banderillas», ces bâtons terminés par un harpon que le matador utilise pour planter le bovin, lui sortant du dos, est en effet en train d'agoniser, avant d'être mis à mort.

L'arène divisée

Sur les réseaux sociaux, le geste, pour paraphraser un célèbre tableau de Francisco Goya, a profondément divisé l'arène. 

Alors que les aficionados et d'autres célèbres matadors, à l'image de Jose Gomez Ortega, y ont vu un signe de «respect» envers l'animal, d'autres, comme les groupes de défense des droits des animaux l'ont dénoncé, en le qualifiant tour à tour de «profondément méchant» voire de «pervers».

Silvia Barquero Nogales, dirigeante du Parti animaliste espagnol contre la maltraitance des animaux (Pacma), a ainsi déclaré que «seul un esprit perverti état capable de torturer un animal jusqu'à ce que le sang coule sur ses jambes, et décide d'essuyer les yeux du bovin avec un mouchoir».

Pour elle, il ne s'agirait ainsi ni plus ni moins que d'une stratégie. «Le matador ne fait que masquer son manque d'empathie». 

Un point de vue partagé par plusieurs anonymes qui n'ont pas hésité à qualifier le matador de «sadique», de «psychopathe» mais aussi «d'hypocrite», puisque Morante de la Puebla devait de toute façon achever le taureau.

Un geste à la portée historique

Quoi qu'il en soit, cette scène du «pañuelo» (mouchoir en espagnol) réalisé par Morante de la Puebla, n'est pas sans rappeler un geste similaire et effectué par le Matador du XIXe siècle Francisco Arjona Cúchares comme le représente la toile anonyme ci-dessous.

Selon ses partisans, Puebla serait d'ailleurs très attaché à l’histoire et à la représentation de la tauromachie dans l'art.

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