«Le monde n'a toujours rien fait», s'est indignée la fiancée de Jamal Khashoggi

«Nous ne savons toujours pas pourquoi il a été tué, nous ne savons pas où se trouve son corps», a déploré la fiancée de Jamal Khashoggi devant le congrès américain[NICHOLAS KAMM / AFP]

«Je ne peux pas comprendre que le monde n’ait toujours rien fait à ce sujet», s’est indignée Hatice Cengiz, la fiancée de Jamal Khashoggi, le journaliste saoudien tué dans un consulat de son pays d’origine, en Turquie, le 2 octobre 2018.

La femme s’est exprimée lors d’une audition devant le Congrès américain sur la liberté de la presse et les droits de l’Homme, organisée le 16 mai, rapporte le Guardian. Elle a notamment indiqué ne pas comprendre qu’aucune conséquence grave n’ait été affrontée par quelques personnes après la disparition du journaliste du Washington Post. «Je ne peux toujours pas en comprendre le sens humain. Je n'arrive toujours pas à comprendre. Je sens toujours que je vais me réveiller», a-t-elle ajouté. Avant de poursuivre : «Nous ne savons toujours pas pourquoi il a été tué, nous ne savons pas où se trouve son corps», selon Reuters.

Hatice Cengiz est la dernière personne à avoir vu Jamal Khashoggi avant qu’il ne se rende au consulat saoudien pour récupérer des documents administratifs nécessaires à leur mariage. Le journaliste, critique du régime saoudien et du prince héritier Mohammed Ben Salmane, a été assassiné et démembré à l’intérieur du consulat, à Istanbul. Ces révélations sordides sur les circonstances de sa mort avaient provoqué une vague d'indignation dans le monde entier.

Une rencontre prochaine avec Donald Trump ? 

Hatice Cengiz, qui avait refusé une première invitation de Donald Trump à la Maison Blanche, a récemment revu sa position. Jusqu'alors, le fait que les Etats-Unis aient sanctionné 17 Saoudiens soupçonnées d’être liés à l’assassinat de Jamal Khashoggi sans jamais appliquer de sanction au Prince Ben Salmane, justifiait qu'elle décline les avances de Washington. Pour beaucoup d’observateurs, il est en effet inconcevable que l’homme fort de Ryad n’ait pas donné l’ordre malgré ce qu'affirme le régime saoudien. Même le sénat américain a jugé le prince «responsable», en décembre dernier, détonnant avec les déclarations de Donald Trump, probablement plus soucieux de conserver une bonne entente stratégique avec Ryad. 

Manifestement décidée à discuter avec le chef d'Etat malgré son manque de prise de position claire sur le sujet, la fiancée du défunt journaliste a affirmé à CNN qu'«un message a été envoyé à la Maison blanche, indiquant (qu'elle a) accepté l'invitation du président».

«Ceci est un test pour les Etats-Unis, et je crois que ce test, les Etats-Unis peuvent et doivent le passer», a-t-elle lancé lors de son audition au Congrès, comme une manière d'interpeller Donald Trump avant une potentielle rencontre. 

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