Qui sont les candidats à la présidence de la Commission européenne ?

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L'Allemand Manfred Weber et le Néerlandais Frans Timmermans font partie des candidats à la présidence de la Commission européenne. [INA FASSBENDER / AFP]

En plus de décider des eurodéputés qui siégeront au Parlement européen, les élections européennes (23-26 mai) auront un autre enjeu, tout aussi important. Elles doivent en théorie permettre de choisir le futur président de la Commission européenne.

Mis en place en 2014, le système des «Spitzenkandidaten» permet sur le papier à la tête de liste du groupe politique européen arrivé en tête des élections de prendre la tête de la Commission européenne, sur proposition du Conseil européen (qui réunit les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres) et après validation du Parlement. C'est ce qu'il s'était passé il y a cinq ans : le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, tête de liste du PPE, vainqueur du scrutin, avait en effet pris la main sur l'exécutif européen.

Mais les dirigeants de certains Etats de l'UE, Emmanuel Macron et Angela Merkel en tête, sont opposés à ce mécanisme de nomination, qui réduit leurs marges de manoeuvre. Ils pourraient donc passer outre ce système, et proposer au Parlement européen un autre candidat que le «Spitzenkandidat» du parti arrivé en tête le 26 mai.

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Manfred Weber

L'Allemand Manfred Weber est le candidat du PPE (Parti populaire européen), groupe politique européen de droite où siègent notamment Les Républicains français, le Parti populaire espagnol ou la CDU allemande. Première force au Parlement depuis 1999, le PPE est en tête dans les sondages pour le scrutin de la fin mai. Manfred Weber fait donc figure de favori pour prendre la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne.

Le Bavarois de 46 ans dispose d'une grande expérience politique européenne, puisqu'il est eurodéputé depuis 2004 et président du PPE depuis 2014. Au niveau national, il est membre de la CSU, la branche bavaroise de la CDU, le parti chrétien-démocrate de la chancelière allemande Angela Merkel. Cette dernière lui a apporté son soutien, au contraire du Premier ministre hongrois Viktor Orban, pourtant membre du PPE.

Frans Timmermans

Les socialistes européens, deuxième force politique au Parlement (où siège entre autres le PS français), ont désigné le Néerlandais Frans Timmermans comme candidat à la présidence de la Commission européenne. A l'instar de Manfred Weber, c'est un poids lourd européen. Il occupe en effet le poste de premier vice-président de la Commission depuis 2014.

Mais, contrairement à son rival allemand, le politicien de 57 ans a également une belle carrière politique nationale derrière lui, ayant été secrétaire d'Etat aux affaires européennes de 2007 à 2010 et ministre des affaires étrangères de 2012 à 2014. Polyglotte, il parle notamment russe et français. Passionné de littérature française, il a entre autres étudié à l'université de Nancy.

Jan Zahradil

Pour les Conservateurs et réformistes européens (ECR), groupe politique eurosceptique (qu'a rejoint en février Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan), c'est le Tchèque Jan Zahradil, 56 ans, qui sera le candidat à la présidence de la Commission européenne.

Député européen depuis 2004, il a d'abord siégé avec son parti au sein du groupe PPE, puis a rejoint l'ECR en 2009, au moment de sa création. Sur le plan personnel, Jan Zahradil est un fan de rock. Il lui est même arrivé par le passé d'écrire occasionnellement des critiques dans des magazines de musique.

Margrethe Vestager

La Danoise Margrethe Vestager a annoncé en mars dernier dans le quotidien danois Politiken qu'elle serait candidate à la présidence de la Commission européenne. Mais cette candidature n'est pas officielle. Son groupe politique, les démocrates et libéraux de l'ALDE (centre) - que devraient rejoindre les futurs eurodéputés de La République en marche (LREM) - ne présentant en effet pas un seul candidat à ce poste mais une équipe de sept personnes.

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L'actuelle commissaire européenne à la concurrence, 51 ans, s'est notamment fait connaître pour avoir osé s'attaquer aux pratiques frauduleuses des géants du numérique américains, Google, Amazon et Apple en tête. Elle a fait condamner trois fois Google depuis deux ans, à chaque fois pour abus de position dominante, les amendes atteignant la somme cumulée de 8,2 milliards d'euros.

Ska Keller et Bas Eickhout

Pour respecter la parité, le Parti vert européen a choisi deux candidats à la présidence de la Commission européenne : une femme (Ska Keller) et un homme (Bas Eickhout).

Co-présidente du Groupe des Verts/Alliance libre européenne au Parlement européen, l'Allemande Ska Keller a été élue pour la première fois eurodéputée en 2009, à l'âge de 27 ans. Cette spécialiste des questions migratoires était déjà candidate à la présidence de la Commission européenne en 2014, aux côtés du Français José Bové.

De son côté, le Néerlandais Bas Eickhout, 42 ans, est également eurodéputé depuis 2009. Il est depuis 2012 le trésorier du Groupe des Verts. Ce chimiste de formation a participé en 2007 à la rédaction d'un rapport du Giec sur le changement climatique, qui a permis au groupe d'experts sur le climat d'obtenir le prix Nobel de la paix.

Oriol Junqueras

En prison depuis un an et demi, l'Espagnol Oriol Junqueras a tout de même été désigné candidat à la présidence de la Commission européenne par l'Alliance libre européenne, qui siège actuellement dans le Groupe des Verts.

Cet indépendantiste catalan, ancien vice-président du gouvernement de la Catalogne, est actuellement jugé à Madrid pour avoir participé à la tentative de sécession de la région en octobre 2017. Le parquet a requis 25 ans de prison contre lui. Malgré sa détention provisoire, il a été élu député au niveau national en avril, en tant que leader du parti de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC). Quatre autres indépendantistes catalans incarcérés ont également été élus parlementaires. 

Nico Cué et Violeta Tomic

Tout comme le Parti vert européen, le Parti de la gauche européenne (extrême gauche) a élu un tandem homme-femme pour concourir au poste de président de la Commission européenne.

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Il est composé d'une part de la Slovène Violeta Tomic, députée de son pays depuis 2014. Cette politicienne de 56 ans a auparavant été comédienne et directrice de théâtre. Elle s'est déjà présentée aux élections européennes, en 2014, mais sans succès.

Le Belge Nico Cué, figure du mouvement syndical wallon, est l'autre candidat du Parti de la gauche européenne. Ce syndicaliste de 62 ans, né en Espagne, a occupé pendant douze ans le poste de secrétaire général des métallurgistes au sein de la Fédération générale du travail de Belgique (FGTB), l'un des plus gros syndicats du pays.

Un(E) autre ?

Si le système des têtes de liste est abandonné, les noms de plusieurs Français émergent pour prendre la main sur la Commission européenne. Celui de Michel Barnier revient avec insistance.

Le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, ancien ministre, est notamment soutenu de plus en plus ostensiblement par La République en marche. Mais il refuse pour l'instant de poser officiellement sa candidature, lui qui doit également toujours gérer la sortie du Royaume-Uni de l'UE, qui doit avoir lieu d'ici au 31 octobre.

Le nom de Christine Lagarde, ex-ministre et actuelle directrice générale du FMI, est également dans les tuyaux. Elle aurait même obtenu le soutien d'Angela Merkel, selon le magazine Challenges.

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