Donald Trump peut-il être destitué ?

Le président des États-Unis Donald Trump, mercredi 17 mai 2017 à Washington. Le président des États-Unis Donald Trump, mercredi 17 mai 2017 à Washington.[Olivier Douliery / AFP]

Rarement, dans une présidence américaine, les rumeurs de destitution auront à ce point rythmé un mandat. Alors que Donald Trump n'est toujours pas formellement innocenté dans les soupçons d'obstruction à la justice, et que les démocrates continuent d'auditionner les membres de l'administration présidentielle au Congrès, les frictions entre les deux camps pourraient entraîner la fameuse procédure «d'impeachment».

De plus en plus de démocrates y sont d'ailleurs favorables. Outre l'éventualité d'évincer Donald Trump du pouvoir, la procédure donne la possibilité d'aller plus loin dans les investigations contre lui, et potentiellement de prouver (si cela est avéré) la volonté du président américain de faire obstacle à la justice dans les enquêtes qui le concernent. Mais plusieurs raisons font que ce scénario n'aura certainement jamais lieu.

Premièrement, des leaders du parti démocrate, comme Nancy Pelosi, s'y opposent. Donald Trump jouit déjà d'une forte popularité en surjouant le côté «chasse aux sorcières» dans ces affaires, lancer la procédure de destitution pourrait donc accentuer le sentiment qu'il est injustement attaqué, donnant une image déplorable de ses opposants. D'autant plus que le président n'a jamais été aussi bien perçu par l'électorat américain.

«Les démocrates ne réussissent RIEN au Congrès. Ils sont uniquement concentrés sur le fait de prouver que le rapport Mueller est faux, la chasse aux sorcières !»

Enfin, même si tout cela n'était pas pris en compte et que la procédure était lancée, il faudrait que la Chambre des représentants vote à la majorité simple sa mise en accusation (ce qui est possible car les démocrates sont plus nombreux que les républicains), puis que le Sénat décide de condamner et donc de destituer le président, à la majorité des deux tiers. Un scénario plus qu'improbable au vu de la domination républicaine dans cette institution.

Pour l'heure, aucune procédure n'a été lancée, bien que des élus démocrates, représentés par Al Green, en aient fait la demande à plusieurs reprise. La pétition qu'il défend, pour obtenir son départ, a en revanche été signée par 10 millions de personnes.

«Impeachment» ou 25e amendement ?

Dans une tribune publiée en mai 2017 par le New York Times, l'éditorialiste Ross Douthat indique par ailleurs un autre moyen pour destituer Donald Trump, si «l'impeachment» n'est pas envisageable. 

Le 25e amendement de la Constitution prévoit en effet la possibilité de révoquer le président si une majorité des membres de son gouvernement indique au Congrès qu'il est «incapable d'assumer les pouvoirs et les devoirs de sa fonction». Une fois ce signalement effectué, le Congrès doit confirmer à la majorité des deux tiers la destitution du chef de l'État. 

Difficile d'imaginer cependant que les membres de son gouvernement ne se retournent contre lui. Selon toute vraisemblance, Donald Trump est donc bien parti pour terminer son mandat. Et peut-être plus encore.

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