Royaume-Uni : plusieurs politiques pro-Brexit attaqués à coups de milk-shake

Nigel Farage (à droite) a été visé par un lancer de milk-shake alors qu'il était en déplacement à Newcastle, en Angleterre, dans le cadre de sa campagne pour les élections européennes. Nigel Farage (à droite) a été visé par un lancer de milk-shake alors qu'il était en déplacement à Newcastle, en Angleterre, dans le cadre de sa campagne pour les élections européennes. [Capture d'écran Twitter / HeraldScotland]

Les oeufs et les tartes à la crème ? Has been. C'est avec des lancers de milk-shakes que certains Britanniques inquiets de la montée de l'extrême droite pro-Brexit font entendre leur voix, dans cette campagne pour les élections européennes. Dernière victime en date, Nigel Farage, leader du Parti du Brexit, qui caracole en tête dans les sondages.

Cette figure du camp pro-Brexit a été ciblée, ce lundi 20 mai, lors d'un déplacement à Newcastle, dans le nord-est de l'Angleterre. Sur une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on peut voir l'ancien trader de 55 ans marchant tranquillement dans les rues de la ville, bavardant avec des passants, accompagné de son équipe et de journalistes.

Quand tout d'un coup, un homme barbu avec des lunettes lance un milk-shake sur lui, avant d'être repoussé par un membre de l'équipe du candidat. On entend ce dernier dire ensuite : «Emmenez (Nigel Farage), ramenez-le à la voiture !», tandis que la police intervient pour interpeller l'auteur du lancer.

L'ex-chef de file du parti europhobe et anti-immigration Ukip, le costume partiellement recouvert de milk-shake, apparaît alors passablement agacé. On entend même un membre de son service de sécurité dire «désolé», alors que Nigel Farage est vite reconduit à son taxi.

«Des milk-shakes contre le racisme»

Le patron du Parti du Brexit, crédité de 35 % des voix dans les sondages pour les européennes, a ensuite réagi sur Twitter, attribuant ce geste aux opposants au Brexit, qui «se sont radicalisés, au point qu'il est devenu impossible de mener une campagne normale». «Pour qu'une démocratie civilisée fonctionne, il faut le consentement des perdants. Les politiciens qui n'ont pas accepté le résultat du référendum [sur le Brexit] nous ont menés à cela», a-t-il ajouté, alors les photos de lui furieux et dégoulinant de milk-shake font la une, ce mardi 21 mai, de la plupart des quotidiens britanniques.

Nigel Farage, dont l'agresseur présumé a été inculpé ce mardi, n'est pas le premier à faire les frais de ce nouveau moyen de contestation, qui dispose même de ses propres slogans («La révolution sera pasteurisée», «Du lactose contre l’intolérance») et d'une campagne sur les réseaux sociaux, appelée «Des milk-shakes contre le racisme».

Tommy Robinson, fondateur du mouvement d'extrême droite English Defence League (qui affirme lutter contre la menace islamiste), l'a «goûté» à deux reprises en deux jours au début du mois de mai. La deuxième fois, on voit, sur une vidéo, le candidat indépendant aux européennes frapper son agresseur.

Interdiction de vendre des milk-shakes à Edimbourg la semaine dernière

La même mésaventure est arrivée quatre fois à Carl Benjamin, controversé candidat de l'Ukip aux européennes (connue notamment pour ses positions anti-féministes), depuis le début de la campagne, selon The Guardian. Le milk-shake avait même été accompagné d'un lancer de poisson cru lors d'un déplacement à Truro, dans le sud-ouest de l'Angleterre, le 10 mai dernier.

Lors d'un déplacement de Nigel Farage à Edimbourg, en Ecosse, la semaine dernière, la police locale avait pris ses dispositions, et interdit à un restaurant McDonald's de vendre des milk-shakes. A Newcastle, ce lundi, aucune mesure de ce type n'avait été prise. Au grand dam de Nigel Farage, qui n'a cette fois-ci pas échappé à la douche de boisson au lait.

Ces événements traduisent le climat tendu outre-Manche entre les pro et les anti-Brexit, que les élections européennes à venir (jeudi 23 juin au Royaume-Uni) ne font qu'aggraver. La campagne s'est en effet transformée en nouveau référendum pour ou contre le divorce avec l'Union européenne, alors que le processus de sortie semble totalement dans l'impasse.

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